VENIR À BOUT DES NOEUDS GORDIENS

Comment venir à bout des nœuds gordiens

Nier que le français soit en danger à Montréal est une sorte de péché contre l’esprit. Le mal s’étendra progressivement au Québec entier. Quand la maison brûle, on sauve le plus précieux sans s’empêtrer dans les détails. Les scrupules paralysants sont un indice évident de la présence toujours active de notre vieux complexe d’infériorité nationale hérité de la Conquête de 1760. Est-il besoin de désigner ses masques les plus utilisés ? Les droits de la personne identifiés aux « droits » de l’anglais, l’alibi du respect de la liberté, la crainte de Wesmount, la servilité devant la Cour suprême, le prétexte d’une « condamnation » internationale.

Puisque les libéraux détiennent le pouvoir, il faut bien s’adresser à eux. Pourquoi ne pas leur rappeler que, dans leur héritage, il existe des pages plus glorieuses que la loi 103? Robert Bourassa a utilisé, en 1988, la « clause nonobstant » contre un jugement de la Cour suprême sur la langue d’affichage. Ce faisant, il s’est dissocié des Anglos habitant au Québec et a fait fi de leur argent et de leur poids électoral. Le devoir du gouvernement Charest est aujourd’hui de redevenir québécois en se dissociant des Anglos d’une façon claire et définitive quand il s’agit du caractère français du Québec.

Ce qui est au cœur de la question, ce sont les pouvoirs du parlement québécois face à la Cour suprême du Canada. Cette cours est trop liée au Gouvernement fédéral pour être crédible, puisque les tribunaux sont institués par l’instance législative et qu’Ottawa en nomme les juges aux niveaux supérieurs. Leur rôle doit se borner à enregistrer les lois et à les appliquer avec équité et indépendance. Toute prétention législative de leur part doit être écartée, voire sanctionnée. La Cours suprême ne peut cumuler le rôle de tribunal et celui de conseil constitutionnel. Chose certaine, la compétence de la Cour « suprême » doit exclure toute possibilité de mutiler une volonté de l’Assemblée nationale dans des matières vitales, le français étant la plus importante. Cette proposition est-elle subversive? Le Gouvernement Harper vient de donner un exemple à méditer en refusant de rapatrier Omar Khadr, mesure pourtant ordonnée par les tribunaux. Quoi que l’on puisse penser de cette affaire particulière, Il a affirmé la suprématie du Parlement sur les cours de justice. Il a montré à tout Gouvernement québécois la voie à suivre – et la seule – quand le statut et le sort du français sont en jeu.

Hubert Larocque, Gatineau.