UNE POIGNÉE DANS LE DOS!

La publication ou le réacheminement de cette réplique à l’éditorial d’André Macron du Journal du Pontiac 2010-06-30 serait grandement appréciée. Commentaires bienvenus à l’adresse web paysanp@295.ca

Lettre ouverte à André Macron

Rédacteur au Journal du Pontiac

Monsieur,

Je ne puis m’empêcher de vous dire que cet article que vous avez mal intitulé « Quand la langue est une richesse » me tracasse quelque peu.

Nous sommes tous d’accord que l’apprentissage d’une langue seconde dans le monde d’aujourd’hui est d’une grande utilité, mais c’est en anglais que vous auriez dû l’écrire, cet article. Je m’explique. Les Francophones du Québec forment déjà le peuple le plus bilingue de l’Amérique du Nord alors qu’à peine une poigné de Quebecers ne se préoccupe parler la langue officielle de leur province. Cependant, je ne suis pas certain de pouvoir les en blâmer. Nous avons traditionnellement plié l’échine devant eux (en commençant par nos élus provinciaux).

Toujours est-il qu’il y a des conséquences très néfastes à cette réalité puisque beaucoup de nos jeunes francophones croient être éduqués dans la mauvaise langue… C’est à mon avis la principale cause de leur décrochage précoce. Il y a aussi la question de la fierté.
Comment le Québec français pourra-t-il survivre en cette terre d’Amérique quand nous ne sommes même pas capables de faire comprendre à notre minorité anglophone que le français doit être la langue d’usage commun de tous les Québécois et Quebecers.

Démocratie québécoise n’oblige-t-elle pas?

Personne ne peut le nier. Nous investissons beaucoup dans l’apprentissage du français comme langue seconde des Quebecers, mais, dans le Pontiac, ce n’est que du gaspillage. Après plus de trente années de vécu, dans cette région du Québec, il me reste encore à rencontrer un seul jeune anglophone qui, sachant que je suis francophone m’aborderait en français. Et que dire de la majorité des commerces anglophones. Nos dirigeants ne cessent de nous répéter l’importance, pour le Québec, de franciser les lieux de travail, mais dans le Pontiac on anglicise. Les exemples abondent. Prenez seulement M&R Feeds. On y embauche quelques francophones, donc le service au comptoir est bilingue, mais le boss, comme la facturation a toujours été anglophone… Et leurs bons employés francophones parlent l’anglais entre eux.

Dans cette même édition du Journal. Charlotte L’Écuyer député du Pontiac à l’Assemblée nationale du Québec devrait avoir honte d’avoir félicité, en anglais, les trois journaux défrancisants de Fred Ryan… Mais, ne trahit-elle pas, régulièrement, la supposée politique linguistique du Québec et de son propre parti?

J’en ai trop vu de ce déséquilibre linguistique en faveur de l’anglais et bien que je sois bilingue, monkey see monkey do, il faut maintenant, qu’au Québec, on me parle en français ou, je ne réponds pas. Exceptions : certaines personnes âgées et touristes… J’invite donc tous les Francophones, fiers de l’être, à faire de même. Ils sont ceux qui ont toute mon admiration; sinon la vôtre M. Macron.

Pour le respect de notre langue.

Le paysan Perceptif

Pierre Denault
Municipalité de Pontiac.