QUÉBEC LAÏC ET FRANÇAIS

Le 9 février dernier, Karim Boujrada, Christian Beauchemin et Emily Kohler se sont exprimés dans le Journal Métro de Montréal soit sur la laïcité, la langue utilisée à Montréal et certains d’entre eux ont pris à partie les déclarations de Fede Sanchez, un interlocuteur précédent, sur notre langue et la langue anglaise. Voici la réponse que j’ai faite à ces interventions dans le même Journal.

En réponse à M. Karim Boujrada sur la laïcité et l’intégrisme dans la laïcité ainsi que sur l’attitude francophobe de M. Fede Sanchez, voici la réponse d’un citoyen qui désire que le Québec s’épanouisse dans un état laïc et dont la langue commune doit être le français.

Karim, licité ne signifie pas athéisme. Si la Charte de la laïcité consacre l’athéisme, je retirerai mon nom de cette Charte. Laïcité veut dire absence d’intervention de principes religieux, de pression du clergé ou de toute autre confrérie dans les décisions civiles, dans les lois, dans l’attitude. La laïcité ne renie pas Dieu; elle met la religion de côté. Mais, il serait curieux de savoir quel est le pourcentage de tenants de la laïcité qui sont athées, c’est- à- dire, qui ne croient pas en Dieu. Probablement faible. Devant la Mort, la plupart demandent à l’Ëtre suprême de les_accueillir. Devant la cohérence de la création et la magnificence de la Nature, avons-nous le choix de croire en un Ëtre Suprême? Il ne faut pas mélanger les préceptes de la Cohérence divine et ceux créés par les hommes à travers les dogmes. Les religieux sont des hommes. Dans toute l’histoire de l’humanité, ces mêmes hommes continuent, au nom de Dieu, à poser des actions des plus atroces.

Lorsque Karim considère comme intégriste le Québécois qui n’aime pas voir un Juif ou un Hindou porter ses signes distinctifs dans les emplois et les endroits publics, que ce soit la kippa, le turban ou le kirpan, le foulard, l’hijab ou autres, ce que lui perçoit comme des symboles d’intégration, je ne comprends pas ce raisonnement. Pour moi, c’est une façon de se mettre à l’écart, de s’identifier à un groupe étranger, de nous manquer de respect et de nourrir nos instincts xénophobes. Les tenants de la laïcité n’interviendront pas dans les églises, les mosquées, les synagogues, les temples bouddhistes et autres à moins que ces fidèles ne dérangent l’ordre public, comme les Juifs d’Outremont avec le déblaiement de la neige ou l’appel à la prière par le muezzin plusieurs fois par jour. La religion est une affaire personnelle, pas une affaire d’État. De plus, lorsque quelqu’un laisse le pays où il ne pouvait plus vivre à cause de persécution, de manque d’emploi, d’abus politique ou religieux, de mauvais traitements aux femmes et aux enfants, surtout les filles, comment ose-t-il réclamer de celui qui lui a ouvert les bras, de transposer les lois de son pays natal dans sa nouvelle vie quotidienne? N’est-ce pas ce qui s’est présenté dans une autre province où les imams désiraient que le gouvernement accepte l’application de la Charia au niveau de la famille? Et au Québec, je considère que les accommodements  »irraisonnables » sont des outrages envers vos hôtes. Par exemple, les femmes qui exigent d’être soignées par un médecin féminin ou d’être servies par une réceptionniste. Laïcité veut dire aussi égalité entre les hommes et les femmes. Il y a maintenant plus de médecins féminins que masculins, alors, nous, les hommes, pourrions réclamer de même, mais nous aurions amplement le temps de mourir avant d’avoir un rendez-vous au masculin. L’égalité entre l’homme et la femme existe au Québec, mais plusieurs hommes et femmes venant d’ailleurs n’acceptent pas nos lois et notre évolution. Vous êtes bienvenus chez-nous à condition que vous acceptiez nos règles, que notre chez-nous naisse dans votre cœur; sinon, partez! Retournez dans votre pays d’origine!

Où se situe la langue dans tout cela, monsieur Sanchez? Quand je suis en pays latino, quelle est la langue que je dois utiliser pour survivre? Au Mexique ou quasi partout en Amérique latine, je serais malvenu de m’exprimer en français ou en anglais; chacun désire que l’étranger s’exprime dans la langue du pays. Au Québec, pourquoi n’exigerions-nous pas que vous vous exprimiez en français? Il est vrai que l’accès à la langue anglaise dans les services gouvernementaux biaise tous nos efforts et déconcerte les étrangers. Pourtant, au Québec, la langue française est la seule officielle. Plusieurs de mes compatriotes désirent être gentils avec les étrangers en leur parlant anglais, la langue de l’autre! Des amis étrangers, par mon intermédiaire, ont fait ce reproche aux Montréalais surtout. Que dire aussi de nos animateurs de radio ou de télévision qui s’acharnent à adopter du vocabulaire anglais alors qu’il existe en français! Les États-Uniens qui traversent la frontière, comme vous Emily, n’aimeraient-ils pas trouver un dépaysement en venant à Montréal, entendre plus de français? Un sérieux coup de barre doit se donner pour que le français ne disparaisse pas de l’Amérique. Nous sommes dans la mêlée depuis près de cinq siècles et vous, amoureux de la langue française qui venez d’ailleurs, devons protéger cette langue savoureuse, en parlant français au Québec, en exigeant de notre gouvernement québécois que, dans les offres d’emplois publiques ou privées, sauf celles qui sont internationales, aucune exigence d’une autre langue ne soit inscrite et que l’accès à une deuxième langue dans les services gouvernementaux soit aboli. Je remercie Christian Beauchemin et Emily Koehler pour leur intervention envers l’utilisation généralisée au Québec de cette belle langue de Molière qu’est le français et qui est parlée dans une multitude de pays. Valorisons notre langue, parlons-la partout ici et les étrangers l’adopteront.

Georges-Henri Huard, consultant international
Gatineau et Montréal