« MARSEILLE ON THE MOVE »

La municipalité de Marseille a décidé tout récemment de se doter d’une « marque » baptisée « Marseille on the move » (un slogan d’une affligeante banalité, car qu’est-ce qui n’est pas « on the move » par les temps qui courent ?). « Nous sommes des élus mais nous sommes avant tout des commerciaux, nous allons vendre un produit magnifique et aujourd’hui, pour nous identifier, pour identifier Marseille à l’étranger, nous avons le droit et le devoir de créer cette marque qui sera attribuée par un jury (…) à celles et ceux qui travaillent à l’étranger ou avec l’étranger dans le domaine du tourisme« , a déclaré dans une conférence de presse Mme Dominique Vlasto, adjointe au tourisme ( http://www.laprovence.com/article/economie-a-la-une/le-label-marseille-on-the-move-pour-mieux-vendre-la-ville ).

Voilà qui est bien clair. Qu’on se le dise : les élus locaux se considèrent désormais comme étant « avant tout des commerciaux« . Et on le sait bien, l’anglais (de bazar comme il se doit) est la langue des commerciaux. CQFD.

Comme je l’écrivais en septembre dernier à propos de la déferlante anglomaniaque : « Quant au pouvoir politique, convaincu depuis longtemps par l’idéologie néolibérale de la nécessité de son effacement et de sa soumission aux sacro-saintes lois des marchés, apparemment partagé entre la résignation, l’indifférence et le sentiment de sa propre impuissance, il n’est, en réalité, pas le dernier à prêter la main aux fossoyeurs de la « langue de la République » (article 2 de la Constitution française). Cela est vrai au niveau de l’Etat, certes, mais peut-être plus encore à celui des administrations publiques territoriales, elles aussi parties, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire à maintes reprises – du fait notamment de l’affaiblissement constant, spectaculaire, de l’Etat – à la conquête du monde« .

Sur place, sur la Canebière, la nouvelle a tout de même suscité nombre de commentaires moqueurs. On en trouvera quelques exemples à l’adresse suivante : http://www.laprovence.com/article/region/marseille-on-the-move-et-pourquoi-pas-aioli-forever

Jean-Pierre Busnel