LE FRANÇAIS À VANCOUVER

Les jeux se sont envolés comme s’ils n’avaient pas eu lieu. La clôture a été escamotée au point que l’on ne sait quelle y fut la proportion du français. Curieuse amnésie quand on se souvient du raffut causé par l’ouverture! En deux semaines, le Canada serait-il devenu  » parfait-bilingue « ? L’indignation fut-elle réelle ou a-t-on appris la mesure exacte du Canada? Est-il surprenant qu’un pays anglais ne parle pas le français? On ne devrait pas s’insurger contre la normalité, mais en prendre acte et en tirer des conclusions pour le Québec. On pourrait soupçonner ceux qui ont poussé les hauts cris de connivence avec l’impossible bilinguisme de Pierre-Elliot Trudeau. Pendant que l’on réclame du français à Vancouver, où on n’en a nul besoin, on ne s’occupe pas de parler, de parfaire et d’imposer le français dans le seul lieu où il a une assise historique et quelque chance de survivre, le Québec.

Nous voulons bien que des Anglos parlent le français. Ce peut être gentil en surface et une élégance pour eux. Mais en quoi cela nous donne-t-il le pouvoir de vivre en français? Quand les Anglos nous ont clonés, est-il besoin que nous existions encore?

Hubert Larocque, Gatineau.