LA FACE CACHÉE DE LUCIEN BOUCHARD

Comme on voudrait, à Ottawa, que l’indépendance ne soit pas possible! Les référendums sont la fin du roman et non leur début, ni leur corps. Lucien Bouchard ne portait-il pas en lui-même l’échec du référendum, lui qui ne s’attachait qu’à la conclusion? Le PQ a-t-il vraiment dit pour qui et pourquoi il fallait faire l’indépendance? Une liste comptable ne peut rendre compte de l’exigence nationale.

La tradition élaborée sous le régime anglais, et toujours vivante en ses traits essentiels, voulait que le Québec se partage en deux partis : l’un qui collabore avec les autorités anglaises et l’autre qui conserve, sur un mode replié et symbolique, l’espérance d’un pays français à venir. La politique québécoise reposait sur cette oscillation balancée par les scrutins successifs. L’honneur du fédéralisme consistait à travailler à une juste place dans le Canada pour le Québec, grâce à une asymétrie conforme à sa « différence ». La politique se basant sur un jeu de forces, les fédéralistes ne pouvaient s’appuyer que sur la menace de l’indépendance.

Lucien Bouchard et ses semblables, en mitraillant l’indépendance, abattent aussi le fédéralisme traditionnel. Vaincu sur ces deux fronts corrélatifs, quel avenir reste-t-il au Québec?

Hubert Larocque, Gatineau.