FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC : LE MÉPRIS ET LA MAUVAISE FOI

Le mépris et la mauvaise foi (proverbiale) de l’Équipe du Festival d’été de Québec

Dans l’après-midi du 8 juillet 2010, je me suis présenté aux locaux de l’Organisation dudit Festival, rue St-Joseph, en Capitale, parce que désirant exprimer quelques commentaires, concernant celui-ci, auprès d’une personne dûment habilitée à les recevoir, puis à les relayer enfin à la haute direction.

Or en dépit du fait qu’elle semblât fort occupée, la demoiselle à la réception (enveloppée d’une robelette saumon tirant sur l’orange, et qui s’est finalement identifiée, après moult tentatives de ma part, comme étant Marianne Tremblay – identité que j’ai d’ailleurs toutes les raisons d’estimer fictive : alors sans plus tarder je salue d’un premier chapeau le professionnalisme exemplaire des lieux…), me fit comprendre qu’elle était tout ouïe.

Je savais d’entrée de jeu que mon propos tiendrait en deux ou trois minutes. Si on ne m’interrompait pas… Or cette très professionnelle demoiselle, plutôt que d’écouter les desiderata de son vis-à-vis du moment, s’empressa de me couper la parole en permanence à tous les huit ou dix mots que je parvenais à placer. Supposées rectifications, mises en éclairage et/ou, surtout, justifications constantes comme parade à mes « critiques », mes propos, très manifestement, n’avaient pour elle, représentante du FÉQ, aucun intérêt. D’ailleurs, cette personne présumait totalement de mon discours, puisqu’elle l’interrompait sans arrêt.

Il ne s’agissait donc pas, pour cette demoiselle – qui affirmait être pleinement accréditée à colliger mes dires sans détour afin d’en faire ultérieurement un usage constructif auprès des dames Dominique Goulet et autres monsieurs Daniel Gélinas -, de prendre note des commentaires de cet ex-festivalier (ce que je mentionnai d’emblée, d’où ma présence). Il s’agissait, bien au contraire, de faire en sorte que celui-ci s’exprimât le moins possible; et que surtout il éprouvât la plus féroce envie de quitter les lieux dans les plus brefs délais. Car enfin, à force de lui couper la parole et de lui « démontrer » qu’il avait tort avant même de le laisser terminer une phrase, on peut aisément présumer que l’individu, en l’occurrence moi-même, finirait par en avoir marre de se faire traiter comme un malpropre indésirable dans le cadre du respect que l’on porte à un chien de ruelle…

Puis sur les entrefaites, un autre individu est apparu dans le paysage de ce petit portique d’entrée. Il prend aussitôt le relais de la conversation comme si les deux employés s’échangeaient une vague boîte de documents. Ou de bibelots. Or bien que je n’aie toujours pas eu le temps d’exprimer réellement mes idées, ce jeune homme me lança ex abrupto – je cite de mémoire, laquelle s’avère généralement assez fidèle – qu’il comprenait ce que je voulais dire… Une fois de plus, interdiction de s’exprimer !  Le tout pourrait tenir en ce bref discours :

« On sait déjà ce que vous allez dire, mon bon monsieur. Or comme nous avons déjà prévu toutes les parades possibles à toutes les critiques susceptibles de nous être adressées, nous vous demandons de vous taire. Écoutez plutôt, et sans attendre, nos réponses préalablement engrangées sur supports préenregistrés. Bref, nul besoin d’écouter le festivalier puisque nous sommes en mesure de lui répondre sans même savoir de quoi celui-ci désire nous entretenir. CQFD. »

Avec un élément complémentaire, toutefois. Outre que cet individu ait pu tenir, en effet, des propos loufoques jusqu’au ridicule (« Respectez ce que je viens de dire, monsieur ! » – dixit), confondant du coup le respect avec l’accord (obligé) de l’interlocuteur (ce qui derechef témoigne non seulement d’un extraordinaire manque de professionnalisme, mais également d’une mésintelligence de la langue qui donnait l’impression d’échanger avec un enfant de sept ou huit ans), ce garçon m’invita, en lieu et place de la présente en action, à communiquer avec l’Organisation par la voie du courriel… Eh voilà ! L’Équipe du Festival d’été de Québec n’a pas deux ou trois minutes à consacrer à cet ex-festivalier qui désire simplement informer celle-ci des motifs de son éloignement d’un Événement dont il fut autrefois l’un des plus fidèles adeptes. Non point. On lui suggère plutôt, à lui, de perdre de longues minutes (trente, quarante, soixante, voire plus) à mettre par écrit ce qu’on lui interdit fermement d’exprimer rapidement à l’oreille de quelque représentant du Groupe du FÉQ.

Puis enfin, ce fut à la demoiselle du début (la toujours supposée demoiselle « Marianne Tremblay ») à se saisir derechef du bâton du pèlerin. Mais là, vraiment, la mauvaise foi, le mépris et enfin la violence, en finale, ont occupé d’un coup toutes les cases de la stratégie mise en place par ladite Organisation. Depuis l’argument – ô combien facile et fallacieux, et à servir illico à tout interlocuteur ayant quelque sens critique – selon lequel le FÉQ répond tout simplement à la demande (quant à la puissante anglo-défrancisation du Festival depuis plusieurs années : car mon opposition à l’éradication rampante, progressive et constante du français dans la programmation du Festival constituait, en effet, le noeud de mes doléances), jusqu’à celui qui est de justifier l’injure faite à Gilles Vigneault, dont le nom, sur quelque soi-disant neuf (9) grandes pointures (ou présumées telles) en première page du prospectus officiel, apparaissait bien au bas, tout au bas, du lot des personnalités – en …8e place !

Un seul Québécois, unique francophone qui plus est, relayé à la fin de la liste. Un monument de la chanson d’expression française renvoyé comme un parfait inconnu à la queue de tous ses compagnons de l’heure. Tous anglo-saxons, comme par hasard. Et comment cette dite Marianne Tremblay justifia-t-elle cette extraordinaire gifle à notre chantre national, pensez-vous, ainsi qu’à la langue française de manière générale…? Eh bien, croyez-le ou non, rien moins que par de supposées raisons d’infographies. Gilles Vigneault au fond de la garde-robe pour motifs infographiques !!! Encore un peu, et elle me signifiait qu’on avait procédé en toute neutralité… par simple ordre alphabétique. C’est ce qui s’appelle, on en conviendra sans peine – n’est-ce pas, M. Daniel Gélinas, Mme Dominique Goulet -, prendre ses festivaliers pour de parfaits imbéciles. Et Gilles Vigneault, pour une cloche – et de celles qui n’ont plus rien à voir, n’est-ce pas, avec la grande Édith ou les Compagnons de la Chanson.

Mais encore. Car l’histoire ne s’arrête pas là. Loin s’en faut.

Passant sur quelques autres détails non moins savoureux que je réserverai peut-être pour mes mémoires…, j’en viens au clou de toute cette politique à la soviétique du FÉQ; politique visant très manifestement à l’élimination dans l’oeuf de toute critique à l’encontre de ses décideurs. Décideurs si avisés, d’office, que toute critique, on l’aura d’ores et déjà deviné, s’apparente pour tout un chacun de l’Équipe (de Dominique Goulet à « Marianne Tremblay », par le détour du grand manitou de cet extraordinaire ratage, Daniel Gélinas) à un acte d’hystérie sinon de démence. Il me semble soudain humer les odeurs d’éther des hôpitaux psychiatriques des banlieues de Moscou, lesquels furent expressément construits pour « abriter » – déjantés par définition (ben voyons !) – les opposants aux régimes.

Le voici ce « clou ».

En réaction à ce jésuitisme selon lequel le FÉQ offre une programmation répondant tout bonnement à… la demande, je rétorquai à un certain moment, parmi d’autres contre-arguments, que si un « Tit-cul » de 15 ans ne connaît pas autre chose que la musique et la chanson anglo-américaine, il est certain (le terrible syndrome de la femme battue) qu’il ne réclamera pas autre chose : Il n’exigera certes pas ce qu’il ne connaît point (de l’amour, du respect, de la dignité, en l’occurrence). Compte tenu que sur les ondes, dans les places publiques, dans les cafés, bistrots, bars et tous les commerces, y compris la totalité des supermarchés (la québécoise Metro comprise, ainsi que tous les Brunet et les Jean Coutu que vous voudrez), on n’entend que de la chanson anglo-américaine, en effet, il lui est bien difficile, à ce jeune homme, de se voir sensibilisé à… sa propre Culture.

Même l’ex-chaîne dite culturelle – inculte et incultivée depuis lors – de la radio de Radio-Canada s’est fait fort (ah ! le brillant Sylvain Lafrance, on Her Majesty’s Service à la vie à la mort) de la noyer, cette musique et cette chanson française, dans le grand Tout du n’importe quoi : Le Québec, mais c’est les États-Unis : tout le monde sait ça ! Que ça ! Partout et tout le temps. Et bien sûr, nos petits Jean-François Lessard de service (Cyberpresse, 13 juillet 2010 : www.cyberpresse.ca/opinions/201007/13/01-4297905-cinema-quebecois-tierney-na-fait-quenoncer-un-fait.php), du haut de sa charge de cours d’étudiant diplômé (l’un de ces petits Chrétien, Dion, Charest et Coderre de demain, en flagornerie permanente  auprès des pouvoirs, et en absence de toute réflexion sérieuse ou crédible hors des sentiers battus et rebattus des lieux communs tout en préjugés des The Gazette et autre National Post, sans oublier La Presse of Mount Real assurément), nous refera la leçon mille fois recyclée : « Nous, Québécois, sommes fermés, obtus et centrés sur notre ombilic » ! Et tous les André Pratte de Gesca ne sont du coup que trop heureux de publier à la chaîne ce type de papier-coller dont ils se font les promoteurs avec grande assiduité. Mais je m’égare. Si peu pourtant, à vrai dire. Revenons tout de même à mon clou. Planté d’un simple mouvement verbal en plein coeur de la bêtise.

Qu’a-t-elle répondu, en effet, à mon « Tit-cul de quinze ans », la demoiselle revêtue de sa robe pêche ? Eh bien qu’en conséquence de mon immonde manque de respect (!!!) à l’égard de l’employé (d’environ 23-25 ans !) situé à quelques mètres de nous, dans un coin du Hall, je devais immédiatement quitter les lieux. La tactique géniale, intimidatrice, policière et marteau de l’Équipe du Festival d’été de Québec : chercher « le » mot dans le discours de l’interlocuteur qui soit susceptible de pouvoir lui être retourné au visage comme opprobre. Et ainsi cautionner la violence sans appel de l’éradication immédiate des lieux !

Rien d’irrespectueux en tout ceci, bien naturellement; et encore moins à voir avec le jeune homme (que je n’avais d’ailleurs jamais remarqué jusque-là) que j’aurais ainsi… apostrophé. Mais tout est bon, semble-t-il, chez les Marianne, Dominique et Daniel, pour mettre à la porte les gens qui ne partagent pas leur aveuglement culturel (et/ou leur autocolonialisme politique ?). Et en l’occurrence, pareille attitude s’appelle bel et bien : violence. En effet. Car c’est « Dehors ! ou la sécurité procédera manu militari ». Vraiment, si je n’avais pas vécu en personnne la monstrueuse mauvaise foi de cette jeune femme (après, souvenons-nous, entre autres manières rhétoriques analogues, l’« argument » infographique concernant le monumental rabaissement de Gilles Vigneault tout au bas de l’affiche), je n’en aurais pas cru mes yeux si j’eusse dû lire pareil témoignage dans un journal… qui ne soit pas de mon propre cru.

Et je passe sous silence, et ce en l’espace de quelques dizaines de secondes destinées de nouveau à mon oreille (on se repasse encore le « client » comme une vieille caisse de bouteilles de bière vides), la reprise en vitesse (non sans jouer la victime de mon « injure »… Non mais quelle comédie !) par ce jeune homme entre 15 et… 25 ans des non-arguments de ses deux collègues ! Décidément, M. Daniel Gélinas et Mme Dominique Goulet ont bien nettoyé les cerveaux de tout un chacun de l’Équipe avant de disposer leurs petits soldats de plomb sur la place publique…

Et c’est également sans compter cette autre façon de nier puis de violer sans vergogne le festivalier par le mensonge le plus cru. En effet, en consultant la riche et exhaustive page de l’Équipe du FÉQ (www.infofestival.com/index.php?lang=fr&page=equipe), on constatera finalement que de Marianne Tremblay, il n’en existe point au sein de cette Organisation. La spécialiste du détournement de sens, de la malhonnêteté intellectuelle, du mépris et du mensonge (celle-là même qui réclame le « respect » à tous vents), eh bien elle se nomme plutôt : Andrée-Anne Poulin (parente des deux autres « Poulin » de l’Équipe…?). Alors je dis Bravo, Andrée-Anne Poulin, pour cette comédie fourbe, malhonnête et d’une perfidie extraordinaire; et qui aura incarné à elle seule, à mes yeux, l’esprit général du Festival d’été de Québec ainsi que de celui de son Équipe de manière générale.

Bref pour le dire en un mot, un seul : Professionnalisme Zéro. Sur toute la ligne.

Festival d’été de Québec, vous avez été pour moi un objet de fierté des années durant. Or aujourd’hui, après tant d’inculture, d’impudence, de dénigrement contourné, de violence, de négation de l’autre et de banalisation sinon de rejet de notre langue (et ce sous mille prétextes, aussi bancals qu’autocolonialistes. Il faut lire l’entrevue de Mme Dominique Goulet dans Le Devoir du 8 juillet. On croit rêver à lire tant de balivernes : www.ledevoir.com/culture/musique/292196/la-chanson-francaise-a-peu-d-avenir), vous êtes parvenu à instiller en moi le germe de ce virus que vous propagez à chaque occasion (ou quasi) où l’un de vos innombrables émissaires ouvre la bouche pour s’adresser à un festivalier, qui – par manque de respect à votre égard ! – oserait s’indigner de vos manières à la Big Brother. J’ai nommé et renommé le mépris.

En clair, le FÉQ, s’il était déjà synonyme de déception depuis de nombreuses années (ça remonte même aux années quatre-vingt-dix, alors que nous avions encore droit à des moments bénis de talents à la puissance dix; telle cette soirée sur la scène du « Pigeonnier » où Jacques Bertin, Sylvain Lelièvre et… Gilles Vigneault s’étaient relayés la soirée durant, créant du coup un Événement à la fois magique et inoubliable et, qui plus est, autrement plus émouvant que Paul McCartney, Céline Dion et Rush réunis), il est désormais, quant à moi, associé au déni, à la tricherie et à cet insondable mépris.

Aussi, à moins d’un changement radical, et de la direction et de ses équipiers spécifiquement choisis à l’aune de ces « valeurs », qu’il faut bien qualifier d’infectes, le Festival d’été de Québec, c’est pour moi fini. Pour la vie.

Marcelin Gélinas
MarcelinGelinas@yahoo.com
Québec, le 16 Juillet 2010