BALISES VESTIMENTAIRES : LAÏCITÉ OU PORTE OUVERTE

Entravé par la Constitution canadienne, le Québec ne peut définir et imposer clairement sa volonté. Aucune loi ne donnera satisfaction à l’obscure et tenace volonté d’ « être maîtres chez nous ». Rien, dans l’espace public, ne devrait contredire et braver l’idée que nous nous faisons du Québec. Cette idée, tout en étant respectueuse de la validité de chaque culture dans l’espace qui lui est propre, refuse que l’immigrant qui désire devenir Québécois importe et reproduise, ici, sa culture antérieure autrement que comme un vestige transitoire et strictement privé.

On a trop vite loué la nouvelle loi du gouvernement Charest. Elle récuse le port très limité de la burqa et du hidjab dont le côté excessif, caricatural, suscitait de soi l’ironie et la réprobation du public. Cette décision enfonce une porte ouverte puisqu’elle ne touche en rien à ce qui heurte le sentiment québécois, à savoir l’affiche tranquille, insolente, jusqu’au coeur de l’État, des signes d’une appartenance étrangère. Le port du voile, qui est la version allégée de la burqa, est beaucoup plus subtil et provocant.

Est-il équitable que les signes du catholicisme, fondateur du Québec, soient traités sur le même pied que ceux d’Israël et de l’Islam?

Hubert Larocque, Gatineau