AMHERST, LA VÉRITABLE QUESTION

Le fait de vouloir renommer une rue à Gatineau, qui porte le nom d’Amherst, un général britannique qui a contribué à infecter de la petite vérole des peuples autochtones et qui a pris une part active à la déportation des Acadiens, semble indigner certains partisans d’une histoire cousue de fil blanc. Un débat semblable fait rage chez nos cousins français à Clermont-Ferrand où l’opposition municipale souhaite ardemment rebaptiser l’avenue de l’Union Soviétique qui rappellerait trop les atrocités commises par le dictateur Staline. Selon les partisans d’un tel changement, les noms de rues ont souvent été donnés, puis changés au gré des circonstances. Ces derniers croient qu’il serait temps de remettre en question l’histoire officielle qui nous inflige une image d’archaïsme déplorable.

La véritable question devrait plutôt être est-ce que nous endossons les crimes de guerre commis par des personnages historiques en leur accordant une telle reconnaissance? Il n’existe aucun boulevard Hitler en Allemagne, pourtant celui-ci a marqué son époque. Plus près de chez-nous, le monument à l’effigie du général anglais Wolfe à Québec fut détruit par le Front de Libération du Québec (FLQ) lors de la crise d’Octobre.

Devons-nous glorifier des symboles coloniaux sous prétexte qu’ils font partie de l’histoire en dénigrant nos propres héros qui méritent eux aussi une place dans le patrimoine?

Éric Cyr
Gatineau