POLÉMIQUE : QUI DOIT ÊTRE SOUVERAIN?

Les textes de fond sur notre politique sont plutôt rares. La théorie sommeille tout autant que la conscience nationale. Si le mouvement souverainiste venait à s’éteindre, il ne resterait aucun rempart à l’assimilation. On le sait : une langue qui n’a plus l’appui d’une nation dont elle exprime la mémoire et l’âme ressemblerait à une forteresse sans murailles. L’anglais aura tout loisir de balayer le français quand un bilinguisme de transition, déjà très avancé, aura fait son œuvre.

On notera le conflit des propagandes. Du côté québécois, certains réclament une souveraineté analogue à celle de la France dans l’Europe. À Ottawa, on prétend que le Québec dispose de plus de pouvoir au sein du Canada que la France au sein de l’Europe. Il est certain que la France rétrograde tout doucement vers l’Europe de Charlemagne, ayant cédé avec une inconscience inconcevable la préséance à la Cour européenne. La propagande d’Ottawa soutient que seuls importent les services et leur  » qualité « . Il n’en est rien. Tout comme l’argent, les pouvoirs ont l’odeur et l’identité de celui qui les détient.

Le Québec a besoin de la souveraineté qui lui convient et non de celle des autres. Les institutions d’identification telles la famille, les partis politiques et la religion, sont en déclin. En revanche, l’État qui les relaie maintient sa place centrale. Le Québec ne peut se priver d’un État fort et complet sans courir le danger de disparaître.

Hubert Larocque, Gatineau.