LA ST-JEAN EN ANGLAIS

Ouverture à sens unique

Tendre la main aurait un sens si on nous la présentait en contrepartie. Tout ce débat sur l’anglais à la Saint-Jean, un instant enflammé, vite étouffé pour cacher sa honteuse conclusion, avait un caractère faux et convenu. Le Canada anglais nous tend la main quand il est certain que nous soyons bien agenouillés. La confusion a même envahi le Parti québécois et ses satellites. Ce parti s’est bercé de l’illusion de convaincre par une sorte de racolage mielleux . Il n’a gagné que d’affaiblir sa cause et de s’attirer l’indifférence et les ricanements de ceux qu’il prétendait séduire. Examinez sa réussite électorale et référendaire dans l’île de Montréal et en Outaouais!

Il n’y a jamais eu l’ombre d’un dialogue entre le Québec et le Canada anglais. Celui-ci, retranché derrière sa constitution et ses tribunaux, n’a qu’à laisser faire le jeu de ses institutions. Nous ne lui parlons jamais directement mais à travers son fiduciaire, la milice du fédéralisme québécois, qui se charge de promouvoir ses intérêts et de transmettre ses volontés en y ajoutant un cynisme qu’il ne pourrait se permettre dans un face-à-face.

L’ouverture dont on se félicite ne serait-elle que lâcheté et abdication?

Hubert Larocque
Gatineau