LA NATION VIRTUELLE

Même s’il a reconnu l’existence de la nation québécoise, le pouvoir fédéral s’emploie constamment à l’affaiblir. Ainsi, le ministre des Finances du gouvernement conservateur, Jim Flaherty, a déclaré qu’il accepterait de verser la compensation de 2,6 milliards de dollars réclamée par le Québec seulement si c’était dorénavant Ottawa, et non Québec, qui percevait la TPS et la TVQ. Cette manoeuvre centralisatrice est en contradiction totale avec le prétendu fédéralisme d’ouverture de Stephen Harper. Le Québec juge qu’il a droit à la même compensation financière que l’Ontario et les provinces maritimes, pour l’harmonisation de la TPS et de leur taxe de vente.

Le désir d’Ottawa de collecter lui-même les taxes s’inscrit dans la même logique que son projet de créer une commission des valeurs mobilières unique pour tout le Canada.

Il s’inscrit aussi dans une longue tradition: depuis 1867, Ottawa ne cesse de vouloir confiner l’État québécois à un rôle subalterne. Par exemple, en 2000, Ottawa a adopté la loi sur la clarté référendaire. Cette loi nie à la nation québécoise le droit de décider elle-même de son avenir. Elle dit que c’est le Parlement d’Ottawa, et non l’Assemblée nationale du Québec, qui va décider si la question et le résultat du prochain référendum sont clairs. Voilà qui est tout simplement odieux de la part des gens qui ont volé le référendum de 1995 et qui ont mis sur pied le programme des commandites.

Si on remonte plus loin dans l’histoire, on trouve d’autres manoeuvres pour affaiblir le Québec, notamment les décisions de la Cour suprême ayant privé le Québec de tout pouvoir dans le domaine des télécommunications, la décision consacrant le pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétence des provinces et les décisions affaiblissant la Charte de la langue française.

Le bulldozeur centralisateur d’Ottawa est en marche, et la seule façon d’y échapper est la souveraineté du Québec. La nation québécoise doit cesser d’être une nation virtuelle. Au lieu de s’épuiser dans des chicanes stériles avec Ottawa et d’y quémander constamment son argent, elle n’a qu’à garder pour son épanouissement les taxes et les impôts qui servent actuellement à nourrir les ambitions d’une autre nation.

Bloc Québécois de Hull-Aylmer
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