« ICI, ON COMMERCE EN FRANÇAIS »

Réaction modérée d’un lecteur francophile assidu.

«Ici, on commerce en français»

Esther Taillon, Québec, le 30 décembre 2008

Édition du mercredi 31 décembre 2008

Mots clés : Commerce, Publicité, Français (langue), Entreprise, Québec (province)

La campagne promotionnelle «Ici, on commerce en français.» me gêne beaucoup.
En effet, comment accepter et surtout comprendre que sur leur propre territoire national, les Québécois doivent agir comme des minoritaires et solliciter bien gentiment qu’on leur réponde dans leur langue? Cette politique, sans doute bien intentionnée, crée chez moi un malaise, celui de faire face une fois de plus à une dégradation de l’identité québécoise.

La langue française est-elle oui ou non la langue commune des Québécois ou seulement une langue d’occasion? «Ici, on commerce en français» ou: vous seriez gentils, bonnes gens, de condescendre à me parler dans ma langue chez moi!

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Ni mépris ni condescendence… MAIS

Je suis bien d’accord avec vous Madame Taillon. Comme Québécois retrouvons la FIERTÉ de notre langue en exigeant rien de moins que les autres (en particulier les anglophones du Canada – ROC) nous traitent aussi bien que nous traitons les anglophones vivant au Québec sans mépris ni sans condescendance, d’ÉGAL à ÉGAL.

MAIS, – car il y a un bémol à mon propos et il est très IMPORTANT – comme nous avons depuis la Conquête de 1759 vécu et subi une assimilation constante à l’anglais, nous devrions faire preuve de discrimination positive en faveur du français pendant le même nombre d’années, ce que semble refuser le gouvernement Charest actuel dans la tradition de la plupart des partis politiques qui l’ont précédé.

Ceux et celles qui se sentent persécutés et inconfortables par cette mise en perspective historique, n’ont tout simplement qu’à DÉMÉNAGER ailleurs où ils se sentiront mieux traités… pour reprendre simplement l’annonce d’un commerce d’alimentation autrefois de la région de Québec : « S’il n’y en a pas près de chez vous, Déménagez ! » Notez que ce commerce a disparu depuis ce temps !

Si on ne veut pas qu’il nous arrive la même chose dans quelques années, RÉAGISSONS car les cachoteries des organismes de défense du français au Québec que sont l’OQLF et le CSLF sont symptomatiques d’un manque flagrant de volonté politique de rouvrir le débat sur la Langue et la Culture québécoises et d’appuyer efficacement nos institutions censées les défendre dans l’espace public.

Redonner des dents à la loi 101 est ESSENTIEL à la survie du Québec FRANCAIS en Amérique.

André Lacombe – Gosselin
Mazatlán, Sin. MEXICO