FONCTION DU FLQ DANS LE FÉDÉRALISME

Les esprits médiocres pensent que, une fois les choses dites, il faut passer à autre chose. Outre que les choses importantes ne se démodent pas, il faut les redire et les varier jusqu’à ce qu’elles aient produit leur fruit. N’y-a-il pas un décalage sérieux et constant entre la politique canadienne et les avancées du discours? Quelques-uns prétendent que, l’indépendance ne s’étant pas produite, il faut se jeter dans le pancanadianisme. Voyez où en sont les minorités françaises du Canada, elles qui ont donné dans le piège.

La manoeuvre relève en réalité d’un fait de propagande fédéraliste. On a dit beaucoup et avec pertinence sur la fonction de l’histoire et nécessité vitale de son enseignement juste et complet. On n’a pas assez insisté sur la tentative du pouvoir en place de censurer notre histoire et de n’en retenir qu’une version châtrée. Le gouvernement Charest ne voulait pas commémorer la Conquête de 1759 parce qu’elle aurait jeté une lumière critique sur les origines et le fonctionnement du fédéralisme. Comme il ne pouvait décemment nier la Conquête et ses conséquences , il a feint de la confondre avec le FLQ qui se proposait justement de la renverser.

Le tour de passe-passe n’a pourtant pas autant de dignité. Il ne fait aucun doute que le gouvernement Charest et quelques médias complices ont utilisé le FLQ et son Manifeste pour déconsidérer tout le mouvement indépendantiste. En jouant sur des fibres fragiles, ils ont insinué avec effronterie que l’indépendance s’identifiait à la violence, à l’assassinat. Voilà comment on salit et déforme la mémoire d’un peuple!

Hubert Larocque, Gatineau.