DES ANGLAIS À LA ST-JEAN

Il faut se méfier de ceux qui, au nom de la tolérance et de l’ouverture, font l’impasse sur l’histoire. Il s’agit de tout autre chose. Ces groupes anglais sont sans doute inconscients du sens de leur présence à la Saint-Jean. Ce ne devrait pas être le cas de certains officiels. Le ministre Saint-Pierre défend un parti qui doit largement son élection au soutien massif des Anglos de Montréal et de l’Outaouais. Un proverbe africain le dit: « Celui qui veut suivre deux chemins doit écarter les jambes ». Quand donc le Parti Québécois et le Bloc Québécois apprendront-ils à se comporter avec cohérence et dignité? C’est l’autre versant d’un complexe de colonisé qui les fait trembler dans leurs culottes et dire le contraire de ce qu’ils pensent dès qu’il s’agit de prendre une position claire et ferme sur la question nationale. « Accueillir » des groupes anglais à la Saint Jean, quand les Anglos habitant le Québec vivent dans l’hostilité quotidienne par rapport au Québec, dans leurs journaux, dans leurs appuis politiques, dans leur comportement social et linguistique, n’est-ce pas l’éternelle comédie du « dindon de la farce »?

La présence tranquille de ces groupes à la Saint Jean signifie l’acceptation pure et simple du fédéralisme avec tout ce qu’il comporte de violence « multiculturelle » et de négation politique de notre existence comme peuple.

Un peu d’intelligence et de sagesse devrait nous enseigner qu’on ne peut accepter comme nôtres les Anglos habitant au Québec, avant qu’ils n’aient donné la seule preuve valable de québécité, à savoir l’appui à l’indépendance du Québec. Nous leur donnerions aussi ce conseil puisque personne n’ose leur dire la vérité : C’est à ce prix seulement qu’ils mériteront une place et un maintien raisonnable de leur statut au Québec. Quant au Parti Québécois et au Bloc Québécois, quel conseil peut-on leur donner? Au lieu de feindre par faiblesse une fausse ouverture qui s’accompagne d’une large démission de leur raison d’être politique et nationale, qu’ils apprennent donc à se taire, à ne strictement rien dire dans ces occasions. Leur silence deviendrait plus éloquent que cent déclarations équivoques et contradictoires. Quand on n’a pas la liberté de parler, le silence parle et ne trahit pas.

Hubert Larocque
Gatineau