AMNÉSIE 101

N’est-il pas étonnant que la nouvelle la plus importante d’hier n’ait reçu, dans les médias, que de maigres entrefilets? Le projet de loi C-307 du Bloc québécois a été descendu en flammes par les députés fédéraux, tandis que les chefs de partis, Harper et Ignatieff, en s’absentant, ont répété le geste de Pilate. De quoi s’agissait-il? De l’application de la loi 101 aux entreprises fédérales du Québec. Sous quel prétexte? Que la loi d’Ottawa sur les langues officielles a préséance sur la « provinciale » loi 101.

En régime démocratique, on contrôle l’information de trois façons : par le silence, comme celui de la Chine sur Tiananmen, par le traitement marginal et secondaire des questions essentielles, par un retard stratégique qui tue le « punch » , banalise et fait avaler les couleuvres. Dans le cas présent, ne retrouve-t-on pas ces trois caractéristiques?

La loi sur les langues officielles répondait peut-être à des intentions réparatrices mais, dans les faits, elle s’est avérée inapplicable et nuisible au Québec. Elle y limite l’emploi du français par les droits de la minorité anglaise et par le bilinguisme fédéral. C’est tout le secret du vote des Communes et du silence des médias.

Hubert Larocque
Gatineau