UNE QUESTION DE PARESSE INTELLECTUELLE

Rebonjour, gens de Lire,
À : redaction@lire.fr
Cc : pdelaroche@lire.fr; fbusnel@lire.fr

Suite à la missive ci-contre du 29 mars dernier, et à laquelle d’ailleurs Lire n’a pas cru bon répondre (la légendaire courtoisie française…?), je tombe aujourd’hui même sur la remarque suivante d’une ex-ministre du Cabinet de René (sic) Lévesque, dans les années 1970. Laquelle tombe pile, n’est-ce pas, comme j’eus pu difficilement l’espérer :

« Un jour, on avait publié dans Paris-Match un long reportage sur le Québec, et j’avais acheté le magazine pour savoir ce qu’on racontait sur nous. L’article était tellement truffé d’erreurs grossières que ça en devenait drôle. Ma réaction a été de me dire que si Paris-Match ne pouvait pas faire un reportage sur le Québec sans faire d’erreurs, il fallait tenir pour acquis qu’il y avait autant d’erreurs quand il faisait un reportage sur le Vietnam, sur la Chine ou sur le Brésil. Cette découverte a semé le doute dans mon esprit […] » (Source : Le Devoir du 4 avril 2008, en www.ledevoir.com/2008/04/04/183453.html)

Eh voilà !
Tout est dit. Redit, même.

Je prends bonne note au passage que vous n’avez pas daigné non plus corriger l’erreur mentionnée.

Je prends donc acte que le professionnalisme, décidément, n’est pas plus prisé chez Lire qu’ailleurs en France.

Aussi on me permettra de reprendre la question de cette « Lettre ouverte au Président de la République » rédigée par l’un de mes compatriotes (laquelle aurait bien mérité, m’est d’avis, de paraître dans Le Monde ou autre média comparable, tel Le Monde diplomatique), en http://lequebecetlafrancite.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/03/09/
lettre-ouverte-au-president-de-la-republique-francaise.html
: « Mais qu’est donc la France devenue, monsieur le Président… ? ».

Moi qui ai tellement aimé ce pays, je déchante un peu plus chaque jour. Et notamment par son « anglaisement » tous azimuts qui a dépassé depuis longtemps toutes les bornes du respect de soi. Entendez : le respect de la France pour la France même.

Dieu que tout cela est triste. Profondément triste.

Une admiratrice déçue. Profondément déçue.

Mathilde François
4 avril 2008

 


La France à propos du Québec
Une question de paresse intellectuelle

Courte missive au magazine littéraire Lire

Réf. : http://www.lire.fr/critique.asp/idC=36301/idR=219/idTC=3/idG=2
Att. : M. Alain Rubens

« le gouvernement oppressif de Pierre Lévesque », est-il écrit ici. Sans rire.

D’abord, il s’agit de René Lévesque. Pourtant presque aussi connu en Francophonie que le général de Gaulle.

Ensuite, s’il y eut dans l’histoire du Québec un politique qui abhorra l’oppression plus que quiconque, c’est bien René Lévesque. Cet homme dont Félix Leclerc lui-même a dit qu’il faisait partie de ces quelques hommes rares figurant au panthéon des « libérateurs de peuple ». Du reste, et contrairement à ce que prétend l’auteur de cette recension, la presse n’a jamais écrit injure pareille (« gouvernement oppressif »). Pas même au conglomérat Gesca ! pourtant entreprise de propagande qui pourfend depuis plus de trente ans (sous couvert de la liberté de presse, d’une part, et avec l’aval de l’immense fortune de son propriétaire, la famille Paul Desmarais, d’autre part) toute velléité d’Indépendance du peuple québécois.

Je suis toujours étonnée de constater combien de tout temps en France on semble – et ce dans un « grand dossier » du journal Le Monde aussi bien que dans le plus quelconque filet du plus obscur des hebdomadaires – incapable d’aborder le Québec sans que ne s’insère dans le texte, invariablement, une ineptie ou une erreur élémentaire. Une. Au moins. Quand ce n’est pas, à l’occasion, un chapelet d’errances ou d’invraisemblances. Se nourrissant mutuellement.

Et que le simple mais véritable professionnalisme saurait pourtant éviter. À coup sûr.

Salutations.

Mathilde François
citoyenne québécoise
MathildeFrancois@moncanoe.com
29 mars 2008