TROP, C’EST TROP !

À TOUS LES QUÉBÉCOIS

« Accommodements raisonnables ». De quel autre accommodement devrions-nous encore être capables alors que des signes précurseurs d’une insidieuse minorisation de notre peuple sont déjà là.

Ne sommes-nous pas encore à 80% francophones au Québec me direz-vous , rassurés ? Que viennent faire alors ces étranges calculs, cette curieuse répartition du 50/50 que nous voyons accordée sans discernement à nos « deux sociétés », en particulier à Montréal ? Pourquoi l’UQAM est-elle à ce point fustigée et humiliée ( malgré quelque possible égarement ) alors que , d’une façon évidente , prospère Concordia avec ses maisons pour étudiants, ses tours en construction, ses importantes acquisitions (dont la Maison-mère des Sœurs grises qui faisait pourtant partie de notre patrimoine francophone ) ? En somme, une « occupation » quasi-complète du centre-ville de Montréal. TROP, C’EST TROP !

Durham nous aura-t-il à l’usure ?

« Ce peuple n’a pas d’Histoire », disait-il. Oh si, une très longue Histoire qu’on se plaît à nous faire oublier, une trop longue histoire faite de mépris et d’iniquités : violence continue des lois et violence des armes, s’il le faut : pendaison ou déportation des Patriotes, pendaison de Louis Riel, mesures de guerre et emprisonnements sans procès, résultat du référendum de 95 plus ou moins faussé oui, « par l’argent et les votes ethniques » ( un vote à 97% d’un bord fut qualifié par quelque journaliste chevronné de « rhodésien et de raciste »). Et que dire du « scandale des commandites », des amendements répétés faits à la loi 101 pour en diminuer les effets. Bref, toute une Histoire sous le signe du DÉNI et du MÉPRIS.

Qui maintient nos bouches fermées, nos cris ravalés depuis si longtemps, trop peut-être pour qu’on se souvienne ?

Il est tard… est-il trop tard ? Ce travail de sape réussira-t-il à effacer toute mémoire de ce peuple « né d’une race fière » ainsi que le proclame l’Ô Canada, écrit par l’un des nôtres. « Canada », « Canadiens » et Feuille d’érable qui désignèrent si longtemps le Québec et les Québécois.

Et que dire de cette Commission Bouchard-Taylor qui nous prépare, gageons-le, la solution du « bon ententisme ». Sinon, gare à nous ! Serions-nous RACISTES ? Voilà le grand mot servi, objet de toutes les peurs et de toutes les culpabilités.

Oui, nous sommes capables de bon ententisme mais pas au mépris de ce que nous sommes. Ne nous perdons pas dans les méandres de la religion qui peuvent servir à occulter le seul point de lutte sur lequel il faut frapper : CELUI DE LA LANGUE .

Sauver l’UQAM, bâtir le CHUM, développer nos infrastructures et chérir notre patrimoine pour permettre à tous et dans l’harmonie de contribuer au rayonnement de cet État français dont nous rêvons pour le Québec.

Dévoilons ceux qui dans l’ombre construisent non pas avec nous mais à côté de nous car les gens voilés ne sont peut-être pas ceux que l’on croit …

Pourtant , un magnifique chantier est encore possible et combien exaltant à réaliser ENSEMBLE. Pour cela, les SOLUTIONS sont simples et évidentes : ouvrir très largement nos portes à l’apprentissage du français à tout immigrant; préparer avec intelligence et diligence des emplois en français adaptés aux compétences de chacun des nouveaux venus ; accueillir à bras ouverts dans nos universités et dans nos hôpitaux tous ces gens venus d’ailleurs afin qu’ils nous aident à bâtir avec nous ce pays du Québec que nous avons voulu français.

Partout ailleurs au Canada les immigrants ne deviennent-ils pas des « parlant anglais »? Ne serait-il pas RAISONNABLE que nos immigrants deviennent des « parlant français » dans cette province française à 80% ? Ceci ne serait en effet que justice, équité, démocratie et semence d’harmonie. Le Canada serait-il assez grand pour y consentir plutôt que de favoriser compétition, discorde, aplaventrisme des nôtres, mensonge et fourberie ?

Une vraie fédération dans l’harmonie et l’égalité légale et factuelle des deux peuples fondateurs avec leur langue et leur originalité propres, cela ferait un bien beau pays…(certains y ont cru ) sinon que nous reste-t-il ? L’Indépendance ou Mourir à petit feu dans des discordes interminables où Orgueil et Humiliation se livrent une guerre sans fin et destructrice à tous égards.

Que finissent enfin hypocrisie des uns et trahison ou nonchalance des autres. À ce point de l’Histoire, avons-nous le choix non pas de réclamer le bon ententisme mais de crever l’abcès? Un Québec aussi français qu’est anglais le reste du Canada, pourquoi pas ? Là se trouve le cœur de la réponse, tout le reste n’est que verbiage et langage « voilé ».

L’Histoire ne serait-elle que répétition ?

Oui, JE ME SOUVIENS, souvenons-nous…1760… Pendant que nous dormions, les troupes anglaises escaladaient la falaise…

Vivement, un PLAN rassembleur et structurant !

Monique Lavigne, professeur retraitée de latin, français et histoire