MME MAROIS « CAPOTE-T-ELLE » ?

Mme Marois est-elle en train de "capoter…" ?

Mme Marois, je n’en reviens pas de votre souhait à l’effet que TOUS les Québécois devraient devenir BILINGUES !!!

En tant que Franco-Ontarien d’origine, venu vivre au Québec pour VIVRE EN FRANÇAIS, j’ai trop vu les ravages du bilinguisme imposé à une population… Je rejette catégoriquement votre idée et voici mes quatre arguments.

1. Le jour où tous les Québécois seront devenus bilingues, croyez-moi, nous n’aurons plus aucun service en français ni du gouvernement fédéral ni de tous ces marchands ou employeurs anglophones qui vont tenir la répartie suivante :
"Come on, you French are now bilingual. THAT’S WHAT WE EXSPECTED. WHY SHOULD I SERVE YOU IN FRENCH NOW ? WHY SHOULD I TRANSLATE ALL MY SIGNS ? WHY SHOULD I FORCE MY EMPLOYEES TO LEARN FRENCH ?"

Mme Marois, la seule garantie que le Québec restera français, c’est qu’il y ait 3 à 4 millions de nos compatriotes qui ne SOIENT PAS BILINGUES. Le PQ doit voir à appliquer la loi 101 pour que la masse des citoyens québécois puissent s’épanouir dans leur langue, partout sur LEUR territoire. Et qu’ils n’aient pas à subir cette humiliation suprême qu’est l’ASSIMILATION FORCÉE que nous avons vécue, nous Franco-Ontariens ( Acadiens, Franco-Américains, etc.)

2. En pratique, au moins la moitié des Québécois n’auront jamais vraiment besoin de l’anglais durant leur vie; dans des régions entières, comme Charlevoix ou la Gaspésie, Lanaudière, Centre du Québec, etc. On peut vivre sans avoir à parler anglais encore maintenant et ce sera encore plus vrai si la loi 101 touchant la langue de travail est appliquée comme il se doit : l’employeur doit prouver que l’anglais est nécessaire dans le poste convoité, etc. C’est cela qui est NORMAL : l’ensemble d’une population ne doit pas se faire imposer le bilinguisme. C’est une ABERRATION et je crois que cela n’existe NULLE PART AU MONDE dans les pays normaux.

3. Dans une population donnée, la moitié des gens ont un quotient intellectuel de moins de 100, ce qui veut dire que ces gens ont de la difficulté à bien apprendre leur propre langue… Et dans cette moitié, la moitié la moins douée (donc 25%) ne peuvent presque pas apprendre une langue étrangère, à moins que cela ne leur soit IMPOSÉ, comme c’est le cas des minorités françaises du Canada et comme ce fut le cas des Franco-Américains… avec le résultat qu’en deux ou trois générations, tous ont été assimilés…

Ici, il y a un phénomène dont personne ne parle et qui est très grave : les membres des générations qui ont à subir cette assimilation abandonnent leur propre culture et n’acquièrent pas la nouvelle culture immédiatement. Ces deux ou trois générations ne sont ni de vrais francophones ni de vrais anglophones. Culturellement, ce sont des SOUS-HOMMES, ce qui est très sérieux. Ces gens ne participent à aucune des deux cultures… et même s’ils s’anglicisent pour obtenir des emplois bien payés, les patrons anglophones les voient venir et méprisent ces gens qui ne se respectent pas !

Ma femme et moi avons trop vu cela en Ontario ! Et nous ne voudrions pas qu’on impose ce traitement DÉGRADANT à toute la population du Québec. On a bien assez de l’Université d’Ottawa, qui vise à former des CANADIANS, des gens qui ne sont ni
des francophones, ni des anglophones, mais des entre-deux (en pratique sont des Canadiens anglophones).

4. Déjà l’imposition de l’anglais en 1re année est un geste regrettable. Les vrais nationalistes, ceux qui ont à coeur le développement du Québec français, se sont opposés à cette mesure. Malheureusement, le PQ ne s’en est pas inquiété, ce qui m’a beaucoup déplu. Car il faut bien voir qu’une fois le processus de bilinguisation en marche, les parents ordinaires, qui veulent des bonnes jobs pour leurs rejetons et qui croient que le bilinguisme les rendra plus INTELLIGENTS… seront jaloux de ceux qui seront déjà devenus bilingues et exigeront toujours plus d’anglais… Dans ce sens, votre idée d’enseigner certaines matières en anglais en 5e ou en 6e année EST UNE BIEN MAUVAISE IDÉE.

Croyez notre expérience, Mme Marois : dans le contexte nord-américain, il n’y a qu’une seule façon d’apprendre l’anglais et elle est infaillible : une fois qu’on aura fait tout le primaire, le secondaire et même le CEGEP en français, s’en aller vivre pour trois à six mois dans un milieu anglophone. Nous Québécois avons un don pour apprendre les langues… et ceux qui ont vécu ce genre d’immersion à l’âge adulte sont devenus parfaitement bilingues (tout en restant de vrais QUÉBÉCOIS FRANCOPHONES).

Excusez notre franchise, mais je peux vous dire que certaines personnes rencontrées par hasard nous ont demandé : Nous attendons de votre part une attitude fière et normale en vue d’un pays normal.

Onil Perrier et Berthe Chayer

Saint-Denis-sur-Richelieu