LES SECRETS DE PATRIMOINE CANADIEN

Pourquoi garder secret le nombre de participants à la consultation publique sur les langues officielles?

Patrimoine Canadien publiait sur leur site web le 24 janvier dernier un sommaire ce que les canadiens vivants en milieu minoritaire ont soumis en réponse à la consultation populaire dite “en-ligne” lancée à grand éclat en début décembre dernier. L’organisme fédéral ne divulguait toutefois pas le nombre de répondants lors de l’événement-synthèse tenu ce jour-là. Près de deux semaines après la publication des résultats de la consultation populaire, aucune couverture médiatique s’en est suivie. Se pourrait-il que ce nombre soit franchement embarrassant à révéler pour l’organisme d’encadrement, compte-tenu des montants considérables d’argent public engagés dans le dernier plan d’action aux langues officielles, soit 750 millions (sur une base de 5 ans) et des demandes de plus d’un milliard pour le prochain? Un tel engagement dans les finances publiques de l’État devrait pourtant être d’intérêt non seulement en milieu minoritaire, mais aussi au Québec en cette période de grande réflexion linguistique.

Mais le meilleur plan d’action, la meilleure mise à jour de la loi, la meilleure mise en pratique de cette loi ou encore la meilleure gouvernance en milieu minoritaire n’y pourront rien tant et aussi longtemps que les médias seront aussi léthargiques que les citoyens à utiliser leur langue pour une consultation aussi vitale. Il y a certes de quoi se demander si les francophones vivants en milieu minoritaire sont devenus aussi apathiques en raison de leurs médias.

Il semblerait que seule une "thérapie-choc" digne des recommandations récentes de Jacques Attali pour l’État Français pourrait vraiment faire une différence à ce moment-ci. Mais qui aura le courage politique de véritablement reconnaître la situation courante d’impasse des langues officielles pour administrer la médecine requise: Bernard Lord, Josée Verner, Stephen Harper, Stéphane Dion, ou Jack Layton? Le silence du Bloc inquiète tout autant.

Réjean Beaulieu, Vancouver
Le Canard Réincarné
Lorsque la fiction se mêle avec la réalité en milieu minoritaire