LA PRESSE ET SES ACCUSATIONS

Lysiane Gagnon et Julie Perreault
La Presse

Mesdames,

J’aurais aimé vous féliciter pour vos articles sur les Juifs au Québec, mais vous avez laissé tellement de trous que je dois répliquer.

D’abord, les Juifs arrivent avec les Anglais à la Conquête. Ca commence mal, vous avouerez. Ce sont des Akhénazes qui s’assimilent aux Anglais. Donc barrière de la langue et de la religion.

Malgré cet handicap, les Patriotes laissent élire le premier député juif du Canada et accordent aux Juifs leurs pleins droits 20 ans avant l’Angleterre, pourtant réputée ouverte aux Juifs.

On signale toujours que nous avons fermé nos écoles aux Juifs. D’abord, précisons que les Juifs n’auraient jamais voulu les fréquenter parce qu’on y enseignait le Catéchisme catholique alors que les écoles anglaises étaient neutres sur le plan religieux. Encore une fois, barrière de la langue et de la religion.

Il faut tenir compte également de l’antisémitisme de la religion catholique qui a été imposé aux Québécois. Je n’ai pas besoin d’entrer dans les détails.

Comment se fait-il que Montréal a été la deuxième ville, après New York, à recevoir le plus de Juifs avant la Guerre de 45? Comment se fait-il, encore aujourd’hui, que Montréal compte la plus grande communauté de survivants de l’Holocauste en Amérique? Ce n’est pas si mal comme antisémitisme, non?

Et les Hassidim qui se sont installés en plein quartier francophone, ils ne doivent pas se sentir si mal traités. Imaginez tout un quartier d’Hassidim à Toronto ou Vancouver et demandez-vous si les Anglais n’identifieraient pas les Juifs aux Hassidim et s’ils n’auraient pas quelque ressentiment envers un groupe qui ignore superbement à ce point la société qui l’entoure.

Et nous avons en plus la barrière de la langue que les Anglais n’avaient pas ce qui n’a pas empêché les Anglais d’interdire aux Juifs l’accès à la direction de leurs entreprises, de leurs clubs sociaux et même de mettre des contingentements à l’entrée à leur université.

La Presse a le don d’ancrer les Québécois dans leurs complexes qu’il s’agisse des enfants autochtones ou des Juifs. Le Québec a compté le moins d’écoles d’assimilation des petits autochtones, mais La Presse a réussi à en parler sans faire la moindre comparaison avec les autres provinces autrement plus responsables de ce crime. Le Québec n’a eu que six écoles sur 100 et en plus imposées par le fédéral.

Est-ce que les criminels nazis ce sont installés davantage à Toronto ou à Montréal?

Voilà autant de questions auxquelles il faudrait répondre avant d’accuser les Québécois d’antisémitisme et de xénophobie.

Normand Rousseau
Gatineau, Québec
nr@sympatico.ca