LA CENTIÈME RÉFORME DE L’ORTHOGRAPHE

On connaît le problème : l’orthographe française ne correspond pas toujours à la prononciation actuelle. Elle porte les traces d’un passé qui remonte parfois au Moyen Âge, elle a connu des fixations alors que la prononciation évoluait. Doit-on en conclure qu’il faut carrément la phonétiser, qu’il faut la rendre facile en la simplifiant?
L’orthographe n’est pas insurmontable du moment qu’elle est correctement enseignée. Des générations ont su écrire sans fautes. L’orthographe française est une incomparable école de formation de l’esprit, d’attention au mot, de déchiffrement du passé des mots, d’éveil et de réflexion qui livrent le poids même du mot et de son sens.

Il y a quelque barbarie à vouloir la changer pour un esperanto phonétique qui atteint la langue elle-même dans sa complexité et son aptitude à épouser les replis les plus subtils de la pensée. Sans cette lente acquisition du français par l’orthographe, la grammaire, la mémorisation des grands textes, il n’y a pas de connaissance réelle du français. Ajoutons que c’est par l’étude suivie et complète de la littérature française, par la connaissance du latin et du grec que l’on entre dans la possession la plus complète du français.

Hubert Larocque
Gatineau (Québec)