ET TOUTE VOTRE GAMIQUE!

M. Thompson,

Il est justement là, votre problème. Vous répandez ces photos comme des touristes qui prétendent avoir bien aperçu Jésus-Christ, photos à l’appui.

Je suis bien triste de voir que vous perdez du temps à aller prendre des photos – pire, à les propager – de simples commerces qui ne font que s’adresser à leur clientèle. Que vous en souhaitiez la disparition ou non, un fait demeure : il y a beaucoup d’anglophones à Montréal. Leurs ancêtres sont arrivés en même temps que les vôtres, ce qui fait que Montréal n’est pas une ville de francophones à 100 %, et que l’anglais y a autant sa place que le français. Vouloir voir disparaître tout ce qui est anglais de Montréal est une insulte non seulement à une grande partie de la population, mais surtout à toute une partie de l’histoire, qui fait que Montréal est ce qu’elle est aujourd’hui.

Ainsi, si quelques commerces affichent des messages en anglais, ce n’est que pour se rapprocher d’une partie de leur clientèle.

Un autre gros problème, avec votre organisme et toute votre gamique, c’est la perspective que vous prenez. En parlant d’«anglicisation», vous prétendez que la situation s’aggrave et, autrement dit, que l’anglais prend de plus en plus de place à Montréal. Cette position est irréaliste vu toute l’évolution des dernières décennies au Québec et à Montréal. C’est même une insulte à tous ces pauvres défenseurs de la langue française qui ont instauré la Charte et une multitude de moyens pour empêcher que le succès dans de nombreux domaines ne soit réservé qu’aux anglophones.

Votre vie et votre travail sont-ils si ennuyants au point où il vous faut concocter un scénario de catastrophe pour vous sentir stimulé? La réalité est peut-être moins «punch» que la mort imminente de la langue française, mais il faudra bien vous réveiller un jour.

Si vous mettiez tout ce dévouement à essayer de développer des façons d’enseigner le français aux jeunes, là vraiment, vous auriez un impact positif sur la situation.

Cordialement,

Mark Lafrance-Fugère
mark.lafrance-fugere@hec.ca