DONNEZ-VOUS VOTRE LANGUE AU CHAT?

Vous visez juste Re: Le refus de soi ou le repli sur soi
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/le-refus-de-soi-ou-le-repli-sur-soi.html

À Jean-Paul Perrault et son entourage

La défense de nos droits n’est jamais facile. Trop de gens dorment au parfum de l’ignorance et de l’indifférence.

Je vous joins copie d’un article paru il y a près de deux ans dans une de mes chroniques hebdomadaires.

GATINEAU, QC, le 27 juillet 2006.

Le BULLETIN
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Donnez-vous votre langue au chat ?

Je ne sais pas si l’expression «donner sa langue au chat» est toujours d’usage de nos jours ? Mais il fut une époque où quelqu’un qui se faisait poser une question, dans le genre «devinette», et en ignorait la réponse, abdiquait à y répondre en disant qu’il donnait sa langue au chat.

Aujourd’hui, je me demande si quelqu’un peut m’aider à répondre aux questions que je me pose sur l’usage de la langue française au Québec. Je vous donne le contexte et quelques indices. Au début du mois de juillet, je me suis rendu à l’Université Laval, à Québec, dans le cadre d’une activité bénévole. J’étais heureux de retourner sur les lieux d’un de mes «Alma Mater».

Premier indice : La rencontre avait lieu dans l’édifice Alphonse Desjardins. Un des Québécois francophones qui s’est illustré dans le domaine coopératif et dont le Québec est fier. Je devais me rendre au Grand Salon. Je me suis donc dirigé vers un des commerces situés tout autour de l’atrium de cet édifice pour m’informer de l’endroit où se trouvait le Grand Salon. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que dans la capitale provinciale du Québec, à la radio écoutée sur le campus de cette Université très francophone, tant par ses origines que par sa clientèle, la chanson qu’on y entendait à la grandeur du commerce était en langue anglaise. Puis la chanson suivante aussi, puis la troisième également. J’ai posé la question au commis : Pourquoi cette musique en langue anglaise ?

Deuxième indice : Après avoir repéré le Grand Salon, je me suis dirigé vers un autre coin de l’édifice, afin d’avoir une meilleure idée de l’ampleur des services offerts aux étudiants. J’entre dans le bistro. On y joue une musique à tue-tête… en langue anglaise, pièce après pièce.

Troisième indice : Au retour, je m’arrête dans un hôtel en périphérie de Montréal. Dans la salle à manger, où je prends mon repas, on y joue à haut registre, de la musique populaire en anglais. Je demande à l’hôtesse s’il était possible de baisser le volume et de syntoniser un poste qui diffuse en français. Elle me propose de faire jouer un des disques que possède l’hôtel car il lui semble impossible de syntoniser un poste qui diffuse en français. Peu après elle vient m’informer que toute la collection de disques de l’hôtel n’est malheureusement qu’en langue anglaise. Elle finira par trouver un disque de chansons italiennes. Après tout, c’est proche de la langue française.

Alors, voici mes questions : Pourquoi les postes de radio qui détiennent des permis de diffusion en français; pourquoi les commerces au service des étudiants sur le campus ; pourquoi le restaurant de l’hôtel où je suis descendu n’offrent pas le répertoire français des Charlebois, Jalbert, Ferland, Lemay, Vigneault, Fabian, Rivard, Dufresne, Léveillé, Dicaire, Leclerc, Julien, Lévesque, Claude, Gagnon, Thibert, Dompierre, Dion, Garou, Clémence, Lapointe, et autres du Québec ? Est-ce seulement bon pour le 24 juin ? Donnez-vous votre langue…française… au chat ?

Antoine L. Normand
GATINEAU