DÉSENGAGEMENT ÉLECTORAL

Un Québec de « no man’s land »

Avons-nous affaire à un nouveau Québec? Les repères d’hier offrent peu de prise : frontière imprécise entre droite et gauche, superposition du fédéralisme et du souverainisme, perte du sens de la nation au profit d’un nationalisme où le civique se confond avec le multiculturel. La conscience et la pensée se diluent dans un cloaque sociétal où font loi le nombre électoral et la sociologie « sondagière ».

Voilà le sens profond du désengagement électoral. On ne veut plus voter parce qu’on ne sait plus dans quel pays nous sommes, ni pour quel Québec militent les partis politiques. La fortune du parti libéral tient à sa plasticité de caméléon. Insaisissable, il se plie à toutes les tendances, déjoue les astuces des médias en mutant comme un virus face aux attaques diverses. Le PQ se défait sous nos yeux après avoir renoncé à son idéal tout en continuant à l’habiter comme une forme vide. L’ADQ jongle avec les anciens clivages sans pouvoir se décider, à la fois pragmatique et dépassé. Au fond, Mario Dumont n’est qu’un Charest malhabile.

Cette élection sera une élection de transition dans un Québec incertain et le désarroi des partis politiques.

Hubert Larocque, Gatineau.
(19-11-2008)