BOUCHARD-TAYLOR ENCORE!

« Tout ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire viennent aisément »

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Monsieur Bouchard ne comprend pas que les gens aient accueilli son rapport plutôt ‘froidement’. Dites-nous, messieurs Bouchard-Taylor, pourquoi faudrait-il nier notre distinction, prétendre accepter à tout prix l’autre, sans jamais questionner ses revendications, ses prétentions à plus de droits que québécois de souche?

Le québécois perdrait-il au change avec tout nouvel arrivant? L’immigrant se permet de transporter au Canada, au Québec, ses ‘us et coutumes’ jusque dans les moindres replis de son habillement, de son babillement, de sa culture sans qu’il nous soit permis de questionner certaines de leurs valeurs sous peine de passer pour racistes ou xénophobes? De quelle étoffe sommes-nous faits? Faut être accueillants, généreux, ouverts, certes, mais pas jusqu’à être tapis étendu sur lequel l’autre posera ses godasses quand même!

Le Québec s’est forgé à la sueur de bras de mes père et mère ( qui pour les premiers venaient tout droit de France. Faudrait-il maintenant en avoir honte?

J’ai bien trop de respect pour mes ancêtres français pour m’en laisser imposer par quiconque venu d’ailleurs aujourd’hui! Le Québec: terre d’accueil, votre pays tel quel si vous le voulez bien, c’est pensable, louable, souhaitable même, grandement souhaitable. Nier l’expression française des gens qui ont construit, façonné ce pays m’est tout à fait impensable, incompatible avec tout un pan de la jeune histoire du Québec, mon histoire, mon pays!

Monsieur Bouchard, bien humblement, si vous aviez vraiment voulu voir/savoir/comprendre/digérer la démonstration de nos malaises, comme québécois et francophone vis-à-vis les accommodements religieux ou encore la Charte de la langue au Québec par exemple, suffisait-il que votre rapport ne nous en apprenne pas plus que ce que l’on savait déjà?

L’interculturalisme tel que vous l’imaginez, l’écrivez – guère mieux que le multiculturalisme à la Trudeau – irréconciliable avec le sens que je donne au nom de ‘québécois’. Vous y invitez le Canadien français du Québec à plus de compréhension, d’ouverture à l’autre, rien n’est dit de l’attitude que devrait avoir le nouvel arrivant cependant. Vous m’apparaissez être le plus bel exemple d’un rhétoricien devenu réformateur des consciences québécoises et francophones et ça n’a rien de particulièrement acceptable messieurs Bouchard-Taylor.

Avions-nous besoin d’une commission ad hoc pour nous dépeindre si peu avenants et pour vous de passer sous silence l’expression de nos craintes (qu’elles fussent réelles ou non fondées)? Enfin, avons-nous si peu d’intelligence croyez-vous, qu’il vous ait paru non important d’admettre qu’il y ait seulement eut malaise au Québec? Votre conclusion: « Tout va très bien, madame la marquise, tout va très bien… »

Ne nous reste plus maintenant que d’essayer comprendre le sens d’un rapport si peu étoffé, si peu informatif. Point n’est besoin d’être doté d’un sens de discernement très pointu pour s’apercevoir le jupon qui dépasse.

Au fait, la seule question qui me vienne encore: auxquelles fins et pour le « bien ‘ de qui, le gouvernement de monsieur Charest l’a-t-il seulement commandé?

Lucie Dumouchel
Gatineau (Québec)