BLUENEXT, ACTEUR ANGLOPHONE

Un nouvel acteur mondial : BLUENEXT, acteur anglophone.

France – Le rapprochement des places boursières en avril 2007 de New York et Paris (NYSE et Euronext Paris) avait déjà fait état de la soumission du marché français, néerlandais, portugais, anglais et belge à celui des États-Unis (tout a été transféré à New York…). Elle cumule plusieurs marchés donc plusieurs pays affiliés à EURONEXT NV. Un peu comme EADS, ces sociétés prennent toujours, pour des raisons fiscales, la chambre de commerce d’Amsterdam afin de devenir une raison sociale NV (naamloze vennootschap) (plutôt qu’une société anonyme ou à actions simplifiée en France).

Aujourd’hui, 22 janvier, ou hier pour le site, NYSE-EURONEXT NV crée la bourse mondiale de l’environnement, gestionnaire des marchés du carbone… détenue à 60% par celle-ci, mais aussi à 40 % par la Caisse des Dépôts et Consignations (État Français), c’est-à-dire ni plus ni moins que l’argent des contribuables français puisque le rôle de la CdDeC se décrit elle-même ainsi :
« La Caisse des dépôts et consignations et ses filiales constituent un groupe public au service de l’intérêt général et du développement économique du pays. Ce groupe remplit des missions d’intérêt général en appui des politiques publiques conduites par l’État et les collectivités locales et peut exercer des activités concurrentielles. »

Dans cette optique, le groupe est donc une entreprise publique minoritaire et majoritaire privée, mais donc en majeure partie francophone.

Comme EADS, qui possède AIRBUS.SA, le droit linguistique y est totalement inexistant. Si NYSE EURONEXT se décline dans les langues affiliées à son groupe, son nouveau groupe « BLUENEXT » est totalement en anglais.
Dans ce cas, la participation, déjà extrêmement critiquable et même intolérable, de la Caisse des Dépôts et Consignations française se double d’un mépris affiché pour la diversité linguistique, même si, comme dans bien d’autres cas, les dirigeants ont pourtant un nom bien français, et comme c’est toujours le cas pour le système capitaliste, qui confondra éternellement commerce, chose saine, et accumulation de capitaux, qui dénature le commerce et en fait non pas une source d’échanges constructifs, mais un acte dégénéré source de profits.

Comment le gouvernement français va-t-il pouvoir expliquer la présence à hauteur de 40% de la Caisse des dépôts et consignations dans ce groupe avec l’argent de ses citoyens, le tout dans une société de raison sociale néerlandaise, comme elle l’a déjà fait avec EADS ?

Alors qu’en même temps, elle détruit le service public, fait pour les citoyens et par les citoyens, et détourne l’argent dans des entreprises non les intérêts ne sont pas pour le moins identifiables à l’intérêt général. En effet, la pseudo couverture écologique tombe bien vite quand on sait que les marchés de ces pays sont les principaux pollueurs mondiaux.

La présence de la caisse des dépôts devrait inquiéter le citoyen français sur le devenir de son pays, car cette présence semble agir comme garantie. Français, on vous tond!

Les relations sarkozyennes avec les États-Unis et le monde des affaires n’en finissent plus d’écoeurer les Français et le monde entier, qui le prend pour un nouveau Berlusconi, voire même un Mussolini. Plus proche de nous, on pourrait le taxer de vues bonapartistes.

Cédric Laudet
cedriclaudet@neuf.fr

BLUENEXT – the environmental exchange
http://160.92.106.237/templates/homepage.jsp
(annonce BLUENEXY au 21 décembre 2007)

caisse des dépôts et consignations
http://www.caissedesdepots.fr
(qui annonce au 22 janvier le lancement de bluenext)

NYSE-EURONEXT :
http://www.euronext.com/index-2166-EN.html