BENOÎT AUBIN : LA MAUVAISE FOI…

Benoît Aubin (Québécor) : La mauvaise foi élevée au rang de grand art

Objet : Benoît Aubin, « Les vieilles barbes du PQ » (http://www2.canoe.com/infos/chroniques/benoitaubin/archives/2008/02/20080214-103845.html), Journal de Montréal du 14 février 2008

Dans sa chronique du 14 courant, Benoît Aubin affirme sans rire, ou sinon en solitaire dans une pièce puissamment isolée et à l’abri de tout micro, que les « vieilles barbes du PQ » veulent garder le Québec dans l’ignorance en éloignant cet instrument dangereux nommé : connaissance de la langue anglaise.

D’abord une précision. Je ne suis pas, je ne suis plus, très chaud à l’égard du Parti Québécois. Et notamment parce que :

1) il n’a rien fichu, depuis Camille Laurin il y a… plus de trente ans, pour promouvoir et raffermir le français au sein de l’État et de la collectivité québécoise;
2) il n’a rien entrepris de sérieux ou de convaincant depuis M. Jacques Parizeau, il y a 13 ans, dans le sens de ce qui le définit fondamentalement, et avant toute autre caractéristique, comme parti politique : le projet de réalisation de l’Indépendance du Québec.

Ensuite, ces vieilles barbes, comme dit le chroniqueur, sont tout à fait capables de se « défendre » elles-mêmes, sans que j’y rajoute ma petite opinion citoyenne bien personnelle. Celle d’un simple quidam perdu dans la grande famille nationale.

Reste toutefois que je ne puis plus me contraindre au silence quand je lis dans un journal en principe intègre des propos aussi mensongers. Et malhonnêtes. Amalgames, demi-vérités, procès d’intention, interprétations lourdement abusives. Tout y est. Car il se trouve en effet que personne, et moins encore chez des personnalités publiques susceptibles d’avoir quelque influence auprès de l’opinion publique, n’a jamais tenu les propos rapportés par ce chroniqueur. Et moins encore chez le « groupe » identifié par notre ami en mal de diabolisation.

De fait, à ma connaissance, le seul individu « public » qui en ait jamais appelé à l’ignorance comme modus vivendi est le professeur Jocelyn Létourneau (Laval University, you know) ; lequel préconise rien moins que l’amnésie volontaire de certains événements de notre Histoire nationale, dans les cours en cette matière au sein de nos écoles publiques. Et ce par souci de bonententisme dans ce beau, immense et merveilleux pays nommé… Canada. Le savoir au service du régime, quoi. Et pourquoi pas deux ou trois petits Goebbels en prime, avec ça…? Et ça enseigne à l’Université, ces gens-là ! Qui plus est en guise de récompense, et ce n’est pas rien, notre bon premier ministre canadien du Québec a nommé l’individu, tout récemment, membre du Conseil supérieur de la Langue française !! Où au reste il sera en fort bonne compagnie, n’est-ce pas, avec les France Boucher (fille à la fois naturelle et idéologique de feue maman Andrée) et les Sylvia Martin-Laforge (directrice du Quebec Community Group Network !). Bref, tout pour s’assurer qu’en pays québécois, pour monsieur notre (??) premier ministre, la langue française ne soit plus qu’un « mot ». Une belle langue profondément seconde, puisqu’il n’y aura plus la moindre dent dans la bouche d’où elle eût du ou pu s’exprimer.

Mais visiblement, voilà un type de volonté d’ignorance qui n’est pas pour déplaire à M. Aubin. En tout cas, je ne sache pas qu’il ne s’en soit jamais indigné. Quand il s’agit d’une ignorance volontaire inventée de toute pièce, là, cependant, notre chroniqueur n’y va pas avec le dos de la cuillère. Et notre ami à la fin demandera rien moins à ces dites vieilles barbes « de dégager. Ils sont dépassés. Ils gênent ».

En conséquence, M. Benoît Aubin, je désire simplement vous informer combien je suis consterné tout à la fois par la petitesse, la mesquinerie, l’arrogance et l’abyssale mauvaise foi dont vous êtes capable. En clair ce papier du 14 février 2008, M. Aubin, se révèle vraiment digne des éditoriaux de Gesca sur le même sujet, ou analogue.

Et dire, quand j’y pense, que vous avez déjà bénéficié d’un espace d’écriture dans Le Devoir. Si ça se trouve, c’était sûrement à l’époque de Lauzière… Mais persistez tout de même dans votre ascension, M. Aubin. Du Devoir au Journal de Montréal, je suis convaincu que vous visez plus haut encore ; et que vous atteindrez bel et bien un jour les ultimes sommets de votre art. Et c’est ainsi, à n’en pas douter, que l’on vous retrouvera – et peut-être même en compagnie de votre collègue Luc Lavoie (dont les manières et la posture idéologique ressemblent étrangement aux vôtres) – dans les pages du West Island’s Suburban.

Après tout, comme dirait Beryl Wajsman, ce grand amoureux du Québec d’ores et déjà sur place au pupitre de cet hebdomadaire d’envergure, The Sky is the Limit !

Marcelin Gélinas
M.Gelinas@moncanoe.com
Lévis, 16 février 2008