TÉLÉ-QUÉBEC IN ENGLISH NOW?

Mme Line Beauchamp et antenne Télé-Québec info@telequebec.tv; line.beauchamp@mcc.gouv.qc.ca

Référence : ASSERVISSEMENT VOLONTAIRE

J’ai également été outrée par ce "phénomène".

C’est absolument inacceptable. Et je suis heureuse de constater qu’il y a des auditeurs de Télé-Québec qui ont réagi sur-le-champ face à pareil laisser-faire.

J’aime Télé-Québec. Et ce en dépit que l’on ait un gouvernement qui semble désirer en secret sa disparition en procédant à son inanition financière; ce qui conduit celle-ci à une maigre programmation… en boucles qui n’en finissent plus.

C’était déjà extrêmement désolant de constater depuis quelques années le « retour » en force de publicités de conception anglaise (de New York à Toronto) sur les chaînes québécoises (qui les acceptent sans broncher, TQC compris, comme si c’était normal de traiter son auditoire comme s’il s’agissait d’un troupeau à qui on peut tout passer…), et qui sont ici tout bêtement présentées en post-synchro dans la langue officielle du Québec.

Et parfois (comme dans ce cas de « Viagra » du 8 avril rapporté par M. Gouin), sans même… la post-synchro (ou post-labialisation).

Je suis dégoûtée de constater combien la langue française recule chaque jour un peu plus "solidement" dans notre propre maison nationale.

Car, il faut bien le dire, le Québec de ce début de XXIe siècle ressemble fort au petit Québec profondément colonisé des années Cinquante. Un unilingue anglais à Montréal, par exemple (ou en Outaouais et en Pontiac aussi), se trouve plus aisément un emploi bien rémunéré qu’un unilingue francophone.

C’est le monde à l’envers !

Et c’est le propre d’un peuple (et d’un gouvernement !) profondément colonisés d’accepter passivement pareil climat d’anéantisssement tranquille de soi.

Or je sais bien que notre premier ministre (toujours) actuel se fiche totalement (hormis pour la forme, bien sûr) de la langue française. Mais pour vous, madame Line Beauchamp, ministresse de la Culture et des Communications (et responsable de la Charte de la Langue française comme par surcroît), votre intérêt pour notre langue est-il tout aussi faible et vague… ?

Ma colère ne se contient plus devant cette espèce de suicide collectif par insouciance (sinon lâcheté) au sein de l’ensemble de la société québécoise.

Et celle-ci, cette colère, s’amplifie chaque jour un peu plus – et tout particulièrement – devant l’incurie de mon propre gouvernement face à ce problème crucial au coeur même de la nation.

Marie-Louise Lacroix,
citoyenne québécoise
marielacroix@moncanoe.com

(Le 10 avril 2007)