DES RÉVÉLATIONS

Je viens de lire votre article ci-bas et je crois que ce que je vais vous écrire maintenant va également vous intéresser et que vous pourrez aussi faire le lien avec cette exposition où l’on est…soi-disant incapable de trouver un expert francophone sur Renoir! Ce qui est bien évidemment une absurdité totale!

Je commence donc :

Je vais dans une librairie montréalaise que vous connaissez sans doute : la librairie Michel-Fortin, spécialisée dans la vente de livres et matériel pédagogique s’adressant aux passionnés de langues comme moi. J’y vais depuis des années pour y acheter mes livres de chinois, mais…là n’est pas mon propos.! Il se trouve que la dernière fois que j’y suis allé, très récemment, un de leurs vendeurs, un jeune homme d’environs une vingtaine d’années pas plus se trouvait là et, étant donné son intérêt envers l’islandais, intérêt pour le moins inhabituel et rarissime de la part d’un jeune Francophone du Québec et parce que j’aime aussi de temps en temps tâter le pouls des jeunes, nous avons fait un brin de causette à ce sujet. Rien de particulier donc jusqu’à ce que ce jeune homme me révèle qu’il déteste les langues latines, dont le français, sa langue maternelle, et, de fil en aiguille, me dit préfèrer beaucoup l’anglais, si l’fun! Selon les termes qu’il a employé pour décrire sa passion!

Je dois préciser qu’en ce moment, il m’arrive des désagréments – le mot est faible! – en raison d’un agression parfaitement raciste dont je suis victime de la part de la compagnie de téléphone Rogers qui a réussi habilement à m’arnaquer via démarchage à domicile récemment, sans jamais m’envoyer de facture, ni donner le moindre signe de vie, sinon qu’en m’appelant hypocritement chez moi une seule fois, peu de temps après que j’ai commencé à faire appel à leurs services, pour savoir si tout allait bien…ensuite…je n’ai plus jamais entendu parler d’eux! Jusqu’au jour où je décide d’effectuer un appel de chez moi pour justement me renseigner dans une librairie à Montréal, appel local donc, et que je m’aperçois à mon grand dam qu’il est absolument impossible d’effectuer le moindre appel car, systématiquement, dès que je compose un numéro, une opératrice…unilingue anglophone, sans aucune répétition de la même information en français, m’informe que je dois composer 0 et passer par une opératrice pour pouvoir effectuer un appel car mon statut aurait changé entretemps en tant que client de Rogers. Je rappelle donc, stupéfait par ce que je viens d’entendre et…toujours en anglais le même message…mon téléphone est bien bloqué vers l’extérieur et on peut seulement m’appeler mais…sans réciproque possible! Je rappelle donc en demandant immédiatement à l’opératrice anglaise de me fournir des explications pourquoi le message est uniquement en anglais et pourquoi je suis forcé de parler cette langue pour faire appel à Rogers, avec arrogance et toujours en anglais, elle se contente d’exiger que je lui donne mon numéro de téléphone et mon nom, ce à quoi je réponds du tac au tac et de plus en plus indigné que je ne comprends pas pourquoi elle voulait savoir cela alors que tout est certainement affiché sur l’écran de son ordinateur comme dans toutes les compagnies de téléphone au Canada, elle m’a…raccroché au nez, après que j’ai refusé de lui donner cette information et après m’avoir menacé toujours en anglais de le faire si je refusais de…coopérer!?!

De plus en plus outré, je me résous, profondément humilié, à rappeler en anglais pour exiger cette fois, une opératrice francophone que l’on me passe avec mauvaise grâce. Tenez-vous bien! J’ai eu droit au même traitement exactement! Tout ce que j’ai pu apprendre est que l’on me réclamait deux mois d’impayés, alors que la compagnie Rogers elle –même m’avait offert deux promotions,dont la gratuité pour une période de six mois, sans que je leur demande rien!

Je précise que l’opératrice francophone n’était pas moins désagréable que l’anglophone- au Québec, on dit aussi baveuse! – Et en plus, elle a eu le culot d’ajouter que puisque je savais parler anglais, elle ne voyait pas pourquoi je me plaignais du racisme de leur compagnie! Bref, c’était naturel et même normal que je parle anglais, à partir du moment où je connaissait cette langue, sans me demander si j’en avais envie ou même sans s’excuser de ce que le message soit uniquement en anglais.

Il l’est encore aujourd’hui au moment où je vous écris! Elle ne m’a toujours pas envoyé les factures… impayées… après m’avoir dit qu’elle me les ferait parvenir et surtout après avoir constaté qu’ils avaient fait une soi-disant erreur dans mon adresse en me les envoyant, ce qui explique, en apparence, pourquoi je ne les ai jamais reçues (et je précise que, même avec une erreur, à partir du moment où il y a une erreur autre que dans le nom, le facteur, les aurait laissées dans l’espace réservé aux boîtes-aux-lettres de mon immeuble et je les aurais certainement trouvées ou bien elles y seraient encore!), bref, mensonge sur mensonge! Et…pas la moindre excuse!

Je suis donc sans téléphone à l’heure actuelle, du moins pour appeler de chez moi et, je ne peux même pas encore me prévaloir des services de Bell, chez qui je suis retourné car Rogers bloque le transfert à cause des factures!

Je précise d’ailleurs que lorsque je suis allé immédiatement réclamer la cessation des services de Rogers et le transfert à Bell et bien que j’ai été extrêmement bien servi par une charmante Québécoise francophone au téléphone de l’espace Bell où je me trouvais, je n’entendais parler qu’anglais à cet endroit et quand j’ai demandé à un des trois employés de Bell devant moi de parler français pour comprendre ce qu’on disait sur mon problème, j’ai eu droit à un petit speech politique sur…We are in Canada…bla…bla…bla! Bref, le topo habituel de certains Anglos de Montréal!

Le lendemain, j’allais donc chez Michel-Fortin où je conversais avec le jeune homme ci-haut mentionné, dans l’humeur que vous pouvez vous imaginer jusqu’à ce que celui-ci ait le malheur de m’affirmer qu’en tant que Francophone, il était plutôt content d’avoir fait ses études en anglais avec des Anglophones et que ceux-ci étaient tous bilingues ou parlaient le français. Bref, pour lui, comme pour beaucoup de Québécois, TOUS…les Anglophone du Québec font vraiment un effort pour apprendre et parler le français!

Quand je lui ai dit qu’il devrait avoir honte d’affirmer de pareilles inepties et qu’il devrait aussi relire son histoire des relations Anglophones et Francophones au Canada, Louis Riel, le grand dérangement, la loi 17 en Ontario, etc. Ce jeune homme n’en avait tout simplement pas entendu parler et bien évidemment, toute mon indignation devait lui paraître combien absurde! Un exemple oh combien révélateur une certaine jeunesse québécoise, mais pas seulement sur la jeunesse, je connais beaucoup de leurs aînés qui sont tout aussi ignorants et vendus!

Voilà Cher Monsieur, je vous ai raconté l’essentiel de l’histoire et j’ajouterai seulement que ce genre d’attitude au Québec est en train de devenir la norme!

Promenez-vous à Montréal à n’importe quel moment du jour ou de la nuit, dans le centre-ville et vous n’y entendrez parler presqu’exclusivement qu’anglais et souvent vous remarquerez que des Francophones sont de la partie.

Je précise que des langues j’en parle huit, dont certaines très difficiles, comme le russe et le mandarin et je ne vous dit pas cela pour me glorifier car je me fous de l’appréciation d’autrui à ce sujet, c’est ma passion point à la ligne et pour moi apprendre la langue des autres…j’y passerais le plus clair de mon temps, si j’en avais les moyens, anglais ou autres, c’est on ne peut plus naturel !

Ceci dit, tout ce que je vous ai raconté n’a rien à voir au départ avec un problème exclusivement linguistique car la langue n’est qu’un prétexte et vous le savez aussi bien que moi, je ne vous apprends rien. Le problème, c’est les Français et les Québécois qui, de plus en plus, n’hésitent pas à se vendre de la façon la plus servile au pouvoir de l’argent représenté par la puissance anglo-saxonne de ce monde, là non plus, je ne vous apprends rien!

En ce qui me concerne Monsieur, personne ne m’a jamais forcé à parler une langue contre ma volonté, quelle qu’elle soit, sans que je coupe immédiatement mes relations avec lui, elle ou la communauté ou l’entité qu’ils représentent et Rogers n’y fera pas exception!

Le Canada est bien malheureusement un pays où le racisme est une tradition atavique parmi certains Anglophones, mais malheureusement aussi pour les Francophones de ce pays et surtout du Québec, le ver est dans le fruit et ces Anglophones-là ont toujours eu la partie particulièrement facile car leurs meilleurs alliés ont toujours été ces Francophones prêts sans arrêt à les aider en coopérant étroitement avec eux, tel que je suis en train d’en faire actuellement l’amère expérience et ce n’est pas la seule que je pourrais vous raconter…hélas!

Voilà, cher Monsieur, j’ai tout dit et…mes respects

Il va sans dire que je vous autorise à donner à cette lettre la plus grande diffusion autour de vous!

Francis Jacquart
fj@pppoe.ca


De : Impératif français [mailto:Imperatif@imperatif-francais.org] Envoyé : 19 juin 2007 22:47
À : Impératif français
Objet : La francophonie incompétente!

AUGUSTE RENOIR EN ANGLAIS
Les anglolâtres à l’oeuvre : la francophonie incompétente!

Selon le gouvernement du Canada, sa ministre du Patrimoine et son Musée des Beaux-arts, personne au sein de la francophonie mondiale ne possède l’expertise et la compétence nécessaires pour prononcer une conférence en français sur l’oeuvre d’Auguste Renoir, seuls des anglophones peuvent le faire!!!

Extrait du journal Le Droit du mardi 19 juin 2007:

Renoir : les oeuvres du maître français analysées en anglais

« Le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) présente une série de conférences en anglais sur Renoir, une situation qui fait planer un nuage de controverse linguistique sur l’exposition estivale consacrée aux paysages colorés du célèbre peintre français.

La charge est venue du président de l’organisme Impératif français, Jean-Paul Perreault, qui affirme avoir reçu de nombreuses plaintes de citoyens depuis dix jours.

"Au-delà d’être blessant, dit-il, c’est assez étonnant de constater qu’un musée retient les services de personnes-ressources qui prononceront des conférences uniquement en anglais sur un artiste peintre aussi connu de l’ensemble de la francophonie. Il faut le faire !"

L’exposition Les paysages de Renoir, présentée en exclusivité canadienne à Ottawa, propose une soixantaine de tableaux du maître français de l’impressionnisme, du 8 juin au 9 septembre.

Pour l’occasion, le Musée a organisé une série de trois conférences tenues par autant de sommités internationales, soit Christopher Riopelle, conservateur des peintures du XIXe siècle au National Gallery de Londres, de même que Colin B. Bailey et James H. Rubin, tous deux basés à New York. Dans chacun des cas, la conférence est présentée en anglais, avec interprétation simultanée. Le 10 juin dernier, l’activité a attiré plus de 300 personnes.

"Nous sommes allés chercher les trois plus grands experts de Renoir à travers le monde", explique la porte-parole du Musée, Joanne Charette.

"Ciel et terre"

L’institution affirme avoir remué ciel et terre pour mettre la main sur un conférencier francophone de renom. Sans succès. "On a fait nos devoirs, assure Mme Charette. Il n’y en a pas, malheureusement."

Pour Impératif français, la réplique du Musée ajoute l’insulte à l’injure.

"C’est d’autant plus blessant et humiliant, affirme M. Perreault. Au lieu de s’excuser, le Musée tente de justifier son erreur en laissant entendre qu’au sein de la francophonie mondiale, il n’y pas de personne-ressource compétente pour prononcer une conférence sur l’oeuvre de Renoir. Franchement, c’est inacceptable." »(…)

Voir l’annonce sur le site : www.national.gallery.ca/renoir/french/for_adults.html * .

************

Le Musée des beaux-arts du Canada souhaiterait recevoir vos commentaires à l’adresse info@beaux-arts.ca ainsi que la ministre du Patrimoine canadien Bev Oda à Oda.B@parl.gc.ca

et en cc Impératif français à Imperatif@imperatif-francais.org et le journal LeDroit à Editorial@ledroit.com

* En passant, nous vous invitons à remarquer l’adressage en anglais " french/for adults ". Ce genre de pratique est très fréquent au gouvernement du Canada!