UN AFFRONT ?

Un affront à tous ceux dont le français
n’est pas la première langue

Monsieur Franco Nuovo

Le Journal de Québec

Votre commentaire publié dans le Journal du 12
janvier 2006 est un affront à tous ceux dont le
français n’est pas la première langue.
Vous faites preuve d’arrogance et de mépris envers
ceux et celles qui se donnent la peine d’apprendre votre
langue, une arrogance, bien entendu, qui est caractéristique
de l’attitude de plusieurs nationalistes
Québécois. Inimaginable en Suisse, par exemple,
de ridiculiser dans un journal des politiciens si leur
maîtrise de l’une des trois langues officielles
n’est pas parfaite. (*) Là-bas, vous pourriez
étudier comment le multilinguisme fonctionne avec de la
bonne volonté. Ici, au Québec, on
traîne le bilinguisme dans la boue. Quelle belle
façon de se faire des amis et de promouvoir la culture
francophone aux Amériques!

Je suis presque tenté de vous répliquer
avec la même méchanceté : «
N’est-il pas vrai que plus de 70% des étudiants
Québécois en enseignement échouent aux
examen de français (**), et que l’OQLF a
trouvé pas moins de 1100 erreurs dans 600 minutes de
bulletins de nouvelles à la radio
Québécoise (***)? Et vous avez le culot de vous
moquer de quelques petites erreurs de la part des non-francophones!
»  Mais je ne vais pas me baisser à ce
niveau là. L’anglais est ma deuxième et
le français ma troisième langue. Il est vrai, il
est plus difficile de parler correctement français que de
parler correctement anglais, et ce n’est pas de la faute des
méchants anglophones. Mais je suis content d’avoir
appris ces deux langues. Je considère le bilinguisme comme
une richesse extraordinaire, et je n’ai pas
l’intention de me faire dégoûter de
cette richesse par votre arrogance et votre étroitesse
d’esprit. Si, dans votre petit monde
francoquébecocentriste, il vous restait un peu de respect
pour les autres, vous présenteriez vous excuses.

Toni Menninger
Québec
toni.menninger@sympatico.ca

(*)  Btw, I congratulate Mr. Duceppe for his fluency
in both official languages but I wonder where you take the
qualification to judge his accent – wouldn’t you
leave that to native English speakers?

(**) http://www.ledevoir.com/2005/11/29/96361.html

(***)http://www.cyberpresse.ca/article/20051122/CPARTS/51122157/1041/CPARTS

(Le 14 janvier 2006)