PRONONCIATION DU MOT NAIROBI

La marginalisation du français en Afrique et la complaisance des médias
européens anglophiles constituent sans nul doute des problèmes qui méritent
toute notre attention. Néanmoins, puisqu’il est question de Nairobi, j’aimerais
saisir l’occasion pour signaler une faute de prononciation qui semble être
commise un peu partout dans la francophonie, et en particulier au Québec.

Le mot Nairobi se prononce nérobi (ou nèrobi). Il n’y a pas de tréma sur le
premier «i». La prononciation fautive «Naïrobi» nous vient de l’anglais. Or,
tous les journalistes québécois pratiquement sans exception font l’erreur de
prononcer le mot comme s’il avait un tréma. En Europe et en Afrique, la
prononciation anglaise est également omniprésente, mais on entend tout de même
de temps à autre la bonne prononciation.

Nous pouvons peut-être reprocher à la classe médiatique européenne son
attitude servile devant la langue anglaise, mais il faudrait aussi que nous, les
Québécois, fassions notre propre examen de conscience de temps à autre.

Une telle faute de prononciation n’est pas sans conséquence. En laissant
s’immiscer dans la langue française des prononciations inutilement irrégulières,
on obscurcit la langue. On lui fait perdre lentement l’un de ses avantages sur
la langue anglaise, dont la prononciation est très compliquée. En effet, grâce
au caractère phonétique de la langue française, que les rectifications
orthographiques de 1990 tendent du reste à confirmer, les jeunes écoliers
francophones arrivent à lire leur langue avec une bonne année d’avance sur les
jeunes anglophones. Il ne faudrait pas faire exprès de perdre cet avantage.

J’invite donc les francophones à adopter la bonne prononciation du mot
Nairobi, qui meublera encore abondamment nos conversations des semaines à venir,
réchauffement climatique oblige.

Bernard Desgagé
bernarddesgagne@mac.com

(Le 20 novembre 2006)