PETIT MOT À RADIO-CANADA

à : auditoire@radiocanada.ca

Cc : robert_rabinovitch@cbc.ca

Radio-Canada, ou de la déchéance en direct et en temps réel

Re :

http://www.radio-canada.ca/television/guide_horaire/TVG/index.asp?


numerodiff=19316043&regiongh=1&numero=1554&date=2006-12-22&dateDuGh=2006-12-22

« Présentation, en première, de neuf courts métrages canadiens dont la
durée varie entre cinq minutes et trente minutes
[…]», écrivez-vous ici,
d’entrée de jeu.

Tous des courts métrages québécois, mais pour vous ce sont des productions «
canadiennes ».

Voilà l’une des raisons (et non la moindre) pour lesquelles j’ai pratiquement
abandonné Radio-Canada depuis plusieurs années : la propagande constante du
Canada – explicite ou subliminale, dans les petits détails ou à grande échelle.

Des lignes comme celle-ci, saisie en exergue, j’en lis et j’en entends tous
les jours depuis vos antennes. Tous les jours. Y compris sur vos sites
cybernéens.

Or même la chaîne culturelle à la radio, et dont j’ai été longtemps un fan,
m’a vu la déserter. Pratiquement plus rien là non plus (car la télévision de la
SRC, c’est devenu du pareil au même avec la très commerciale et très américaine
TVA) qui porte sur le savoir ou s’adresse à l’intelligence.

Décidément, depuis que Radio-Canada est entre les mains des Robert
Rabinovitch et des Sylvain Lafrance, c’est presque toujours, ou insignifiant
(bavardage, commercialité, variété et pub à n’en finir jamais), ou tendancieux
au plan politique. Sinon les deux simultanément.

à tout coup, on croirait lire (ou enfin, entendre) un éditorial d’André
Pratte… style « Hommage aux peureux ». Vive l’asservissement
volontaire, quoi : quel courage ! quelle noblesse ! quelle dignité ! chez ces
MM. Pratte …ou Lafrance. Décidément, une telle énergie à justifier la
servilité collective des Québécois – et ce, texte après texte, jour après jour,
année après année, voire décennie après décennie (il est vrai que M. Alain Dubuc
fut un grand maître en pareille matière) -, eh bien ça mériterait en soi un
roman. Ou un téléfilm.

Bref. Dire que vous avez déjà été, Radio-Canada, un modèle de grande
télévision.
Quelle déchéance qui me rend inconsolable.

Et avec l’aide de mes propres taxes et impôts, qui plus est.
C’est vraiment ce qu’on appelle se faire rouler dans la farine.

Et j’en ai vraiment jusque-là.
Jusque-là !

Marcelin Gélinas,
M.Gelinas@moncanoe.com

citoyen qui a pratiquement abandonné la télévision, hormis TéléQuébec de temps à
autre (qui pourtant, par distinction de Radio-Canada, fonctionne avec un
élastique fatigué, trois bouts de ficelle effilochée et… un gouvernement qui
semble espérer sa mort avec fébrilité pour mieux glisser la clé sous la porte).

(Le 23 décembre 2006)