LETTRE OUVERTE À DES AMIS FRANÇAIS

Objet :
http://www.holden.fr/
(album du tandem Holden : « Chevrotine »).

Je consultai ces lieux parce que l’album ne m’avait pas déplu.

Que l’y ai-je lu ? : News/Blog, Pictures, Video (sans accent) et…
deux autres termes aseptisés (Albums et Contact constituent des
lexies… repérables dans les deux langues : français et anglais).

Suis-je donc réellement en terre de France…?

Mais ce n’est pas tout. Loin s’en faut. Désirant exprimer ma tristesse, je
clique le hyperlien « Contact ». Et voici la gifle que l’on m’assène illico à
l’âme (http://armelle.mocke.club.fr/contact.htm)
: contact Us, the Band, music, « the space man », the Label, Managment,
Booking, fax, email, Webdesign, Artwork, Drawings…

Et ne parlerai point du livret qui accompagne le disque audio-numérique :
Debbie, John, Mary…, Snow Tire Sale, No Entry, Do not enter…

Je me réjouissais d’avoir découvert quelque chose qui m’apparaît revêtir une
certaine originalité.

Erreur !

On est ici comme on est en France de manière générale : acculturé par la
culture anglo-américaine.

Et surtout (comme toujours), et très manifestement, fort heureux de l’être.

La France de notre temps me déçoit d’autant plus qu’elle fut naguère, et il
n’y a pas si longtemps encore, mon grand amour.

Naguère, dis-je. à une époque où (et ne vous méprenez pas : je ne parle pas
ici du « temps béni des colonies » !) elle n’avait pas honte de sa
langue, de sa culture et de sa personnalité propre.

Certes, j’ai apprécié votre album, Mlle Armelle et M. Mocke.
C’était le premier, et c’était une " découverte " pour moi.

Ce sera le dernier.

Il y a des limites à refuser de vivre debout.
Et d’en être fier.

Avec les salutations – consternées – du Québec,

Mathilde François
MathildeFrancois@sympatico.ca

4 novembre 2006