LA FRANCE, NAXOS ET LA COLÈRE

naxos@naxoscanada.com;
customer.service@naxos.com
(à mes soeurs et frères français aussi…)

Sujet… de départ : le site canadien (unilingue anglais) de Naxos ( NAXOS : LE MÉPRIS DE LA LANGUE FRANÇAISE…? )

Je suis heureux de lire ce commentaire public à propos de Naxos.

Car pour ma part j’ai depuis quelques années passablement délaissé cette
compagnie (en dépit de ma passion pour la musique classique) parce qu’elle
refuse obstinément d’insérer dans ses coffrets de CD des livrets également
accessibles en français (ceux-ci sont unilingues anglais, du moins ici au
Québec, au Canada et, plus largement, en Amérique). Or ce constat d’un site qui
nie totalement l’une des deux langues officielles du pays ne me dispose
nullement, c’est le moins que je puisse dire, à redonner mon patronage à cette
entreprise.

Hélas ! ce mépris de la langue française est largement tributaire de
l’attitude même des Français (et des francophones européens, de manière
générale) à l’égard de… leur propre langue. Le cas suivant ( SOMMET DE NAIROBI )
constitue une autre illustration parmi cent, parmi mille, partout et constamment
depuis une bonne quinzaine d’années, de cette attitude de «mépris de soi». Ce
qui rappelle profondément le comportement du colonisé, qui se voit
essentiellement par les yeux de… son maître.

Les grands responsables de l’affaiblissement de la langue française, ce ne
sont donc pas les états-Unis, la Grande-Bretagne ou… « Brussels ».
C’est d’abord et avant tout cette France qui s’écrase avant même de livrer
combat !

à telle enseigne, d’ailleurs, que j’ai complètement cessé mes voyages
réguliers (depuis vingt ans) dans ce pays. Que j’adorais naguère. Tant qu’à
aller dans un pays qui anglicise tout – ses raisons sociales, ses marques de
commerce, ses exigences professionnelles sur le territoire français même (!), la
langue qu’on ne reconnaît plus dans son tissu même (lexique, syntaxe…), etc.
-, aussi bien, n’est-ce pas, si on désire faire dans l’anglais, aller
directement dans un pays « authentiquement » anglophone (Genuine English,
quoi…). Car enfin, quel est l’intérêt d’une France… non française ???

En d’autres termes : qui veut de la copie quand l’original est accessible…?

Aussi à force de se nier elle-même, la France, loin de séduire le plus grand
nombre rebute tout le monde.

Comment en effet aimer un pays qui se déteste lui-même…? Et qui élimine ce
qu’il est, profondément, constitutivement, en cherchant à plaire en s’octroyant
une personnalité dont le vêtement ne lui « siéra » jamais. Une personne qui se
donne à tous tout en étant personne vraiment… ça porte un nom ces « filles-là
», non…?

Bref, je ne sais sur qui peuvent compter les Québécois, les Tunisiens, les
Sénégalais, les Haïtiens, les Maliens ou les Marocains, quant au respect et la
pérennité de la langue et de la culture française, mais certainement pas sur la
France (ni du reste sur la Suisse ou la Belgique, il faut dire, pays que la
France a entraînés coupablement dans le sillage de sa propre déchéance).

En attendant que ce pays se découvre un Nouveau de Gaulle – ou sinon un André
Malraux -, ce sont les fiers Québécois qui vont seuls (ou à peu près) au combat
de la Dignité. Mais le temps presse. Et des de Gaulle, il n’y en a pas deux par
siècle…

ça aura été la seconde fois de leur Histoire – Remember le Traité de
Paris de 1763 – que la France les abandonne…

C’est tragique de voir une nation qui – de Voltaire et Rousseau à Clemenceau,
de Jean Moulin à Napoléon, Danton, Richelieu et Mazarin – a naguère donné le
frisson de la Liberté à la Planète entière s’écraser aujourd’hui – d’elle-même
dans son extrême complaisance – comme un individu décérébré qui ne parvient plus
à s’apprécier qu’en s’écoutant parler… anglais.

Et en reprochant aux Africains de le moins bien parler qu’eux…

Appelons cela le surréalisme de l’asservissement volontaire.

Serge Delarochelle,
citoyen de la Francité vivant au Québec depuis plusieurs années
Citoyen@courrier-France.com

PS : Naxos, « Wake Up ! » avant de perdre définitivement votre
clientèle québécoise : confondre celle-ci avec le marché franco-français serait
une grande erreur « marketing » de votre part !

(Le 15 novembre 2006)