GESCA – UNE OBÈSE MACHINE À VENDRE DU CANADA

à : Fédération professionnelle des Journalistes du Québec
info@fpjq.org
Cc : alain.dubuc@lapresse.ca;
lysiane.gagnon@lapresse.ca;
andre.pratte@lapresse.ca

Lettre ouverte à l’attention de la direction du conglomérat de presse
Gesca


http://www.powercorporation.com/index.php?lang=fra&comp=gesca&page=profile

J’ai longtemps été une fidèle lectrice de certains journaux de Gesca : La
Presse
et Le Soleil principalement, mais aussi, selon mes séjours
ponctuels en région, Le Droit et quelques autres quotidiens de votre
groupe.

J’ai toutefois délaissé largement vos aires éditoriales au fil des mois et
des ans, compte tenu qu’elles sont devenues de véritables pages de publicité
gratuites (communément appelée propagande) à la faveur systématique du Canada
dans le sempiternel contentieux politique Québec/Canada.

La tentative d’endoctrinement n’est jamais tant répugnante, vous savez, que
lorsqu’elle se présente dans les habits de l’opinion informée et éclairée. Les
Alain Dubuc, les Lysiane Gagnon et les André Pratte (pour me contenter ici
exclusivement de l’édition de la métropole) constituent à cet égard de
«lumineuses» illustrations de ces manières bien peu compatibles, tout un chacun
en conviendra sans peine, avec les moeurs d’une société évoluée et réellement
démocratique.

Je me plaisais toutefois, sans doute en vertu d’une fidélité quelque peu
naïve sinon entêtée, à m’attarder à quelques autres plumes des lieux
intellectuellement plus honnêtes (quoique très personnelles le plus souvent, ce
qui n’est certes pas un mal). Sauf que je constate de plus en plus, et c’est
vraiment remarquable, l’inanité d’un nombre grandissant de textes qui désormais
paraissent dans vos journaux.

Aussi est-ce en lisant un papier parfaitement sans intérêt comme le suivant (http://www.cyberpresse.ca/article/20060313/CPARTS/60313050/0),
paru dans Le Soleil d’hier, le 13 mars, que je me décide enfin à vous
faire part de mon sentiment. Des textes vains comme celui-là (que je ne veux pas
transformer en bouc émissaire: il s’agit là d’un exemple parmi cent, et qui aura
joué en l’occurrence le rôle tout banal de la goutte qui fait déborder la coupe)
sont maintenant légion dans les quotidiens de votre entreprise.

Et je ne m’étendrai même pas – le mépris des lecteurs disputant pour le coup
férocement au ridicule de l’éditeur – sur vos «choix» de publication en sections
réservées présumément à ces dits lecteurs (le site Cyberpresse compris:

http://www.cyberpresse.ca/apps/pbcs.dll/section?Category=CPOPINIONS
). à lire
ces espaces, on croirait en effet que les Québécois sont ultra-Canadiens à
hauteur de 74% de l’électorat: a contrario des deux tiers bien réels
ouverts au projet d’Indépendance du Québec.

La Presse ne se fait d’ailleurs pas prier, à l’occasion, pour se faire
l’instrument direct du politique lorsque celui-ci rencontre ses accointances
idéologiques. L’histoire des six (6) petits textes partisans de l’ex-ministre
Pierre Pettigrew qui y furent publiés (six ! et en un mois !) à la faveur de la
campagne référendaire de 1995, et pour lesquels celui-ci (alors toujours au
privé) se fit payer 13,674.00$ (et pas un sou de moins) par l’organisme
Option Canada (Conseil de l’unité canadienne)
en dit plus que long sur la
rigoureuse et indéfectible crédibilité professionnelle des journaux dont nous
parlons.*

Pendant ce temps – et à l’instar de nul autre que la soussignée elle-même…
– le citoyen articulé (je veux le croire) qui préconise honnêtement et à visière
levée la libération du Québec (des tenailles du fort mal nommé Canadian
Federalism
) dans la frugalité de son vieux Mac plus, voire son
antique Remington, et sur le bras de son propre temps rémunéré par
les seuls ressorts de son amour de la dignité collective, pourra toujours
attendre au coin du poêle la parution de son court – et unique – texte dans
l’espace éditorial méticuleusement géré par les André Pratte, éric Trottier et
autres Philippe Cantin.

En clair, au fil des ans Gesca a étiolé jusqu’à la perdre complètement
son intégrité journalistique: elle n’est plus qu’une obèse machine à vendre du
Canada.

Et si à n’en pas douter Marc Thibault a déjà été depuis longtemps expulsé de
l’esprit même de Radio-Canada, la presse à imprimer des billets de M.
Desmarais n’a quant à elle, il faut bien le dire, jamais connu en ses murs –
l’honnêteté intellectuelle n’étant plus, manifestement, qu’un bonbon de
glutamate pour imbéciles – l’équivalent d’un homme d’information d’une droiture
pareille.**

Les Alain Dubuc et les Robert Rabinovitch ayant hélas ! pris le relais depuis
long de temps, ce n’est pas d’aujourd’hui seulement, M. Thibault, il faut
également le souligner, que vous manquez cruellement à la société québécoise.

Mathilde François
MathildeFrancois@sympatico.ca

Auteuil, Québec, 14 mars 2006

*
http://www.ledevoir.com/2006/01/10/99338.html
(http://www.vigile.net/06-1/10.html#8
et textes suivants) et

http://www.vigile.net/ds-chroniques/docs6/as-8.html

**
http://www.ledevoir.com/2006/03/14/104305.html
et/ou

http://radio-canada.ca/nouvelles/societe/2006/03/13/002-thibault-deces-rb.shtml

et/ou

http://www.cyberpresse.ca/article/20060314/CPARTS/603140991/1041/CPARTS