DES TÉMOINS COMPLICES !

Bonjour, Monsieur Perreault

Je suis tout à fait d’accord pour autant que vous utilisiez le texte suivant
(essentiellement le même) que j’ai remanié quelque peu pour lui donner plus de
fluidité. Voici :

Bonjour, Monsieur Perreault

La semaine dernière j’étais à l’écoute de CKAC où vous accordiez une
interview à Monsieur Jacques Fabi, animateur de l’émission. L’émission touchait
essentiellement aux problématiques de l’affichage en langue anglaise.

Sachez, Monsieur Perreault, que je suis un ardent défenseur de la langue
française. Je me bats depuis plus de trente ans pour développer mes compétences
à m’exprimer avec aisance dans cette langue. Je me bats encore pour mettre en
valeur la langue française et faire en sorte que dans mon entourage nous n’ayons
pas la tendance paresseuse de remplacer un mot juste et approprié du vocabulaire
français par un mot anglais ou quelconque anglicisme – ce qui, hélas, se produit
trop souvent chez les francophones de souche.

Puisque je vous accorde que l’affichage en anglais augmente je constate,
aussi, que les Québécois que nous sommes abdiquons et renonçons trop facilement
à la qualité du Français parlé. Peut-être en sommes-nous pas conscient. Nous
n’avons qu’à écouter la radio de langue française au Québec pour se rendre
compte à quel point nous massacrons allègrement la langue française. ça les
‘anglos’ n’en sont pas responsables. Et que dire de cette nonchalance que l’on a
s’exprimer dans un français grossier et vulgaire. Le "Québec profond" occupe une
place de premier choix sur nos ondes et ce n’est pas de nature à inspirer les
‘anglos’ à parler français. Mais lorsque je vois des ‘anglos’ autour de moi qui
s’exprime dans un français douteux, je comprends que nous, en tant que
collectivité francophone, avons peu de fierté à bien parlé cette belle langue et
encore moins de fierté à la communiquer avec ceux et celles qui auraient tout
avantage à l’apprendre correctement.

Petit à petit les mots de langue française disparaissent car on ne sait plus
qu’ils existent : le mot ‘look’ a remplacé le mot allure; l’expression ‘OK’ a
remplacé d’accord; ‘dealer’ a remplacé transiger; le ‘fun’ a remplacé le mot
plaisir ou agréable; le terme ‘fucké’ est utilisé pour décrire une personnalité
trouble. L’accord du verbe avec son sujet n’est guère mieux.

à vrai dire, Impératif français devrait interpeller ces gens qui s’expriment
au nom de la collectivité que nous sommes – ces annonceurs, animateurs de radio,
politiciens, et bien d’autres encore qui tolèrent et soutiennent l’anglicisation
progressive de notre langue au prix de rompre le lien avec notre riche
patrimoine linguistique. Au-delà des affiches de langue anglaise à Montréal, le
temps est-il est venu de regarder dans notre propre cours pour voir, mais
surtout pour entendre, que nous sommes devenus les témoins complices et
silencieux de la disparition graduelle de notre langue.

J’oubliais. Si j’ai fait des erreurs dans mon texte veuillez m’en aviser.
J’aime apprendre et surtout bien parlé et écrire la langue française.

Donald Berrigan
Pointe-Claire, Québec
berrigan@ca.inter.net

(Le 22 mai 2006)