« CANADIAN PARENTS FOR FRENCH »

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Félicitations pour votre Prix d’excellence Lyse-Daniels

Mesdames,
Messieurs,

Permettez-moi de vous féliciter de votre Prix d’excellence Lyse-Daniels 2005,
décerné récemment par Impératif français. Les efforts de Canadian Parents for
French pour promouvoir la langue de Molière chez les non-francophones du Canada
sont très appréciés.

J’espère que vous redoublerez d’efforts car, comme vous le savez sans doute,
il y a loin de la coupe aux lèvres. Les programmes de FLS, du moins en Ontario,
ne me semblent guère adéquats. Dans la ville de Milton, par exemple, les élèves
à l’école secondaire, dans leur majorité, ont du mal à comprendre des civilités
quotidiennes en français, et ce, même s’ils avaient toujours des mentions
Très Bien
pendant leurs six années de cours de français de base
obligatoires. Chose scandaleuse, c’est l’anglais qui règne dans les cours de
FLS, même à la sixième et la septième année. à mon avis, on y pratique une
pédagogie inférieure qui ne mènera jamais à un taux significatif de bonnes
connaissances du français, car l’élève qui maîtrisera le français EN DéPIT de
moult ans d’instruction inefficace est un oiseau assez rare.

Je crains également que la politique fédéral « Plan d’action », qui vise à
doubler le nombre d’élèves bilingues d’ici 2013, ne se réalisera principalement
par une importante augmentation du taux de bilinguisme anglais-français chez les
francophones, sans une augmentation pareille chez les anglophones. C’est bien la
réalité canadienne, le taux de bilinguisme anglais-français chez les
francophones se situant à presque cinq fois celui des anglophones (voir

http://atlas.gc.ca/site/francais/maps/peopleandsociety/officiallanguages/englishfrenchbilingualism/1

). Or, advenant une croissance en inscr1ptions aux cours de FLS, le gouvernement
fédéral se contentera peut-être d’une réussite plutôt farfelue en matière de «
bilinguisme » sans mesurer les résultats de quatre, six, neuf ans d’instruction
en français de base. Effectivement, si parmi trente élèves dans un cours de FLS
de septième année (qui devraient lire Flaubert dans le texte au lieu d’« écrire
pour mercredi prochain un poème au sujet du jour de l’Action de grâce où vous
vous servirez de tous les mots suivants ») il y a à peine un ou deux qui
sauraient s’offrir en français un sandwich dans un café à Montréal, ces longues
années d’études n’ont certainement pas mené au bilinguisme et l’on peut même se
demander, avec justesse, si les ressources consacrées au FLS n’étaient
grandement perdues. Bien qu’il faille faire croître les inscr1ptions aux cours
de FLS, je souligne plutôt la qualité des programmes actuels ; on y a beaucoup
de chemin à faire.

De votre site j’ai appris également des faits sur l’apprentissage obligatoire
des langues dans chaque province et chaque territoire (sauf Nunavut). D’après
vous, le français langue seconde n’est obligatoire qu’au Québec, en Ontario et
dans certaines provinces maritimes. Ailleurs l’option d’apprendre une autre
langue au lieu du français existe dans de nombreux endroits. La possibilité
d’apprendre aux écoles du Québec une autre langue que l’anglais me semble fort
souhaitable. Malheureusement, au Québec l’anglais s’impose aux élèves comme le
français ne l’est nulle part, ou presque, au Canada anglophone, et « bilinguisme
» est devenu chez nous synonyme d’anglais.

Vous remerciant de vos contributions à la promotion du français langue
seconde et vous félicitant de nouveau de votre prix bien mérité, je vous prie
d’accepter, Mesdames, Messieurs, l’expression de ma haute considération.

Scott Horne
Montréal

shorne@hornetranslations.com

(Le 3 avril 2005)