PONTIAC : IN ENGLISH ONLY

La municipalité de Pontiac va à l’encontre de la loi 101.

L’embauche d’un responsable municipal unilingue anglophone place la
municipalité de Pontiac dans l’eau chaude.

La municipalité de Pontiac est présentement sous la surveillance de l’Office
québécois de la langue française après que son nouveau chef de pompier,
l’unilingue anglophone Tom Howard, exige de ses employés qu’ils lui adressent la
parole en anglais uniquement.

Ariane GAGNON
La Pige, le 13 février 2005
arianegagnon@yahoo.fr

Selon le maire de Pontiac, Bruce Campbell, cette supposée situation ne serait
qu’une diversion, un coup médiatique de la portion francophone de la ville. «Je
ne suis pas au courant de cette exigence. Aucun des pompiers ne s’est plaint de
l’arrivée de M. Howard à la tête du service», a affirmé M. Campbell lors d’un
entretien téléphonique, réalisé dans la langue de Shakespeare.

Pour justifier le choix de la municipalité, le maire explique que sur les
trois candidats qui se sont présentés pour le poste, M. Howard était celui qui
répondait aux critères de sélection. Pourtant, l’unilinguisme de M. Howard va à
l’encontre de l’article 23 de la Charte de la Langue française. Dans le chapitre
sur la langue du travail, «l’employeur doit s’assurer que les Services sont
rendus en français». M. Campbell soutient toutefois que la situation est sur le
point de se résorber, puisque le responsable du Service des incendies suit
présentement des cours de français.

Mais selon l’organisme Impératif français, la situation dans la ville de
Pontiac est loin de s’améliorer. Le président de l’organisation, Jean-Paul
Perreault, soutient qu’un maire unilingue anglophone d’une municipalité du
Québec ne peut pas prétendre qu’il agit pour régler une telle situation. «Les
citoyens se sentent mal à l’aise de parler en français dans leur communauté
tellement l’anglais est imposé. La municipalité devrait prendre ses
responsabilités et renvoyer M. Howard. Sa connaissance du français est aussi
nulle que celle du maire», précise M. Perreault.

Le président du Syndicat des pompiers du Québec, Gilles Raymond, ajoute que
le syndicat n’a eu que des problèmes depuis l’accréditation du secteur de
Pontiac en mars 2004. «Les gens n’osent pas revendiquer leurs droits. La ville
est même allée jusqu’à congédier des syndiqués tant le conseil ne voulait pas
être dérangé par leurs demandes», explique-t-il.

Il précise ne pas comprendre pourquoi la population tolère une telle
situation. «Le seul moyen de régler nos problèmes avec Pontiac, c’est d’aller
devant les tribunaux», soutient M. Raymond. «Mais nous avons l’intention de nous
occuper du cas de M. Howard. ça n’a pas de bon sens qu’il reste en poste»,
conclut-il.

Le responsable des communications et porte-parole de l’Office québécois de la
langue française, Gérald Paquette, maintient qu’aucune Administration n’a le
droit d’obliger l’utilisation de l’anglais comme langue de travail. Une
municipalité qui ne se conformerait pas à la loi serait dans l’illégalité.
«Lorsqu’une telle situation se présente, on intervient et on demande une
amélioration immédiate. Sinon, la municipalité reçoit une mise en demeure. Si le
problème n’est pas résolu, le dossier se rend directement sur le bureau du
Procureur général», explique M. Paquette.

Au ministère des Affaires municipales, du Sport et du Loisir, la responsable
des communications, Diane Leclerc, affirme que même si la municipalité de
Pontiac possède un statut bilingue, tous les organismes municipaux ont
l’obligation de s’adresser à la population dans les deux langues. De plus, la
ville aurait déjà été mise sous tutelle pour des raisons similaires.

L’Office, à qui la situation a été signalée, a dépêché une conseillère en
francisation sur place afin de surveiller la situation. «Pour l’instant, confie
M. Paquette, on n’a eu ni nouvelles, ni développements».

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Quelques adresses utiles :

Municipalité de Pontiac
munpontiac@videotron.ca

Les pompiers de la municipalité de Pontiac sont membres du Syndicat des
pompiers du Québec,
http://www.spq-ftq.com/
, dont l’adresse électronique est
spq@spq-ftq.com

(Le 25 février 2005)