LES PRÉDATEURS

Dans la nature, les plus forts tuent les plus faibles pour survivre. Cela
fait en sorte que seuls les plus forts s’en tirent et qu’ils assurent ainsi la
pérennité de l’espèce. Le scandale des commandites illustre de façon éloquente,
à l’échelle humaine, le phénomène de sélection naturelle observé dans la nature.
Bien sûr, dans un monde dit "civilisé", on ne tue pas, on ne dévore pas son
voisin pour survivre, on est beaucoup plus subtil; l’intelligence supérieure de
l’humain n’est-elle pas une vérité de la palisse?

Voici donc des prédateurs, soucieux de se faire élire, réélire ou gagner un
référendum, qui doivent trouver le moyen, malgré des lois strictes et des règles
précises, de financer un parti politique leur permettant de gagner et se hisser
ou se maintenir au sommet de la hiérarchie humaine. Tous les moyens sont bons,
mais comme les lois et les règles sont contraignantes, comme le petit peuple ne
pourrait pas comprendre que ses élus ne se conforment pas à une éthique stricte,
comme la tolérance de la populace a des limites lorsqu’elle découvre qu’elle
s’est fait entuber, nos prédateurs ont donc trouver le moyen de surmonter leur
handicap et gagner.

Nos prédateurs embauchent dès lors des mercenaires, également appelés: chef
de cabinet, directeur général de parti, organisateur ou agent officiel pour
former un écran étanche entre eux et l’argent. Subtils, quoiqu’il arrive, nos
prédateurs bouffent en première classe, à l’abri et ils pourront éternellement
suspendre avec solde un mercenaire dévoué mais soupçonné, ou encore déchirer
leur chemise sur les abus des plus faibles qui se font prendre la main dans le
sac.

On peut rêver d’un changement profond aux moeurs politiques au Canada.
Malheureusement, les prédateurs les plus forts sont pour longtemps au pouvoir et
dans les partis d’opposition.

Holà! diront certains, il ne faut pas mettre tous les prédateurs dans le même
panier, ce ne sont que des allégations, pas des faits ni des preuves, il y a
d’autres témoins, il faut attendre la conclusion du grand arbitre avant
d’accuser Pierre, Jean et Jacques. Bien sûr, bien sûr… Laissons le temps à nos
prédateurs de monter leur attaque pour bouffer du traître à la cause et
améliorer la race des prédateurs.

Alain Michaud
amichaud_101@videotron.ca
Montréal

(Le 17 avril 2005)