GUITÉ TÉMOIGNE EN ANGLAIS

édition du lundi 9 mai 2005

«Chuck» est un surnom éloquent. De monsieur, Charles de son prénom et Guité
de son nom, on aurait cru que le français était la langue d’origine. Or, dans la
haute fonction publique fédérale, le français y perd facilement ses origines.
Donc, le monsieur Guité a témoigné dans la langue anglaise. Bel exemple de
bilinguisme institutionnel…

C’est son droit. Mais pour quelqu’un qui a mis toute son énergie à défendre
le Canada contre les méchants «séparatiss» du Québec francophone, ne serait-ce
pas la preuve par l’absurde que ce pays est une aberration ! Pour réussir dans
la hiérarchie bureaucratique d’Ottawa, le francophone y laisse sa langue
(peut-être son âme) et sa culture. Monsieur Guité, Chuck, pour les familiers, en
est un exemple frappant. Il défend sa peau en anglais et non pas dans sa langue
maternelle. Peut-on se surprendre du fait qu’il était prêt à n’importe quoi pour
sauver son pays, le Canada ?

L’identité, les convictions, l’éthique, tout cela se tient. Pensons à Jean
Chrétien. L’ambition, trop souvent fait fi de ces éléments de base.

Mario Laprise Québec, mai 2005


http://www.ledevoir.com/2005/05/09/81305.html

(Le 9 mai 2005)