FRANCE ET FRANÇAIS

J’ai lu avec attention votre texte sur le cinéma français dans le site
« impératif-français ». Je partage totalement votre analyse !

Je vous ferai juste une petite remarque : vous écrivez « la France ne semble
pas comprendre qu’elle est en bonne voie de dégoûter un public qui jusque-là lui
était pour ainsi dire acquis tout naturellement ».

Je vous assure, ce n’est pas « la France » mais une petite élite médiatique
française totalement anglo-américanisée, qui n’en voit que par ce qui est
américain ou sonne américain. Les Français, dans leur grande majorité, sont
évidemment scandalisés quand, par exemple, ils voient des films français dont la
boite est en anglais au Québec !!

Croyez-moi, en ces temps difficiles pour la France (actualité dramatique), on
mesure à quel point le décalage est grand entre population et élite
politico-méditatique.

En tous les cas, en vous lisant, cela me fait chaud au coeur de constater
qu’il y a encore des personnes dans le monde qui aiment notre pays….

Louis Riel

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Merci de votre mot, M. « Louis »,

Référence : LA FRANCE

J’ajouterais ceci : hormis la «déconnexion» dont vous parlez (qui est bien
réelle, je le crois également: à croire que la «Révolution française» n’est
jamais passée par là… d’où la violence civile à intervalles réguliers en guise
de « communication » entre le «bas» et le «haut»), si l’ensemble de la population
française (et belge, et suisse, et…) était rigoureusement contre cet état de
fait, elle le démontrerait sans détour sur toutes les tribunes. Or les gens se
contentent la plupart du temps de hausser les épaules (en maugréant un
tantinet… pour la forme). Sans plus. Sauf exception ici ou là,
occasionnellement.

On ne sent pas un authentique sentiment d’indignation chez le citoyen
français type. Ce qui en dit long sur une espèce de passivité auto-destructrice,
selon moi, qui abîme cette société qui, à cet égard et par ailleurs (d’où le
drame), est plus qu’un simple pays.

Car les nations francophones limitrophes ainsi que les pays africains
francophones, et/ou jusqu’ici francophiles, voient de moins en moins la
pertinence de défendre et de promouvoir une langue que la France même semble
être empressée d’enterrer au plus vite.

Il faut voir la Belgique et la Suisse romanche/française – de Liège et
Bruxelles à Lausanne et Genève – pour s’en convaincre en quelques heures à
peine…

Or si être vaincu par plus puissant que soi n’est pas un déshonneur, abdiquer
avant même d’offrir la moindre résistance relève de la plus méprisable des
trahisons – celle de son être-propre.

C’est dur. Certes. Mais à hauteur de l’amitié que j’ai toujours éprouvé pour
la France.

Salutations à vous, M. Riel, …qui êtes décédé – mais toujours bien décidé,
à ce que je vois – il y a plus de cent ans (si je ne m’abuse),

Marcelin Gélinas
m.gelinas@moncanoe.com

cc : Impératif-français

(Le 10 novembre 2005)