COMBLE DE L’HYPOCRISIE

Objet : PAS TOUCHE ! MON P’TIT GARS

Le message cité ci-dessus m’a beaucoup gêné. On s’aperçoit assez souvent chez
les Québécois indépendantistes de la même attitude ouvertement dédaigneuse
(« mon pauvre garçon », « mon p’tit gars ») à l’endroit des Premières nations
qui osent affirmer le même droit de l’autodétermination qu’affirment les
Québécois. Comble de l’hypocrisie !

Je dénonce vivement les propos, exprimés de manière à demi menaçante, de
chasser du territoire dit québécois toute personne autochtone qui ne soit pas
contente de rester sous la botte des Québécois hégémoniques. Ce projet de forcer
les Premières nations soit à se soumettre aux Québécois soit à créer pour
ceux-ci du « Lebensraum » en quittant le territoire qui est, faut-il le
rappeler, le leur depuis des dizaines de milliers d’années ne peut être qu’un
effort de domination, d’oppression nationale, de tyrannie.
Si le Québec mérite son indépendance nationale, autant plus la méritent les
Inuits et les autres nations longtemps subjuguées par les colonisateurs blancs
— tant français qu’anglais — et leurs descendants.

Je ne peux pas appuyer l’indépendance du Québec tant que prévalent le
racisme, le chauvinisme et la québéco-suprématie au sein du mouvement
indépendantiste. Si le Québec souhaite le respect à titre de nation, qu’il
accorde le même respect aux autres nations — tout d’abord celles qu’il a
dominées depuis quatre cents ans.

Scott Horne
shorne@hornetranslations.com

(Le 1er décembre 2005)