QUÉBEC MADE IN CANADA

Voici une réaction que j’ai reçue par courriel consécutivement à la
publication du petit texte paru en « FUTURE » DÉPASSÉ PAR LES ÉVÉNEMENTS??? et
publié à la fin de mes commentaires.

Il s’agit d’un commentaire que je qualifierais sans détour de typiquement
« colonisé », qui confond vraiment tout au sujet de la langue: bilinguisme
personnel et bilinguisme institutionnel, abrutissement collectif et
disponibilité à l’ »autre ». En un mot: confondre « ouverture d’esprit » et
« ouverture de ses propres veines ». Or, on le constate en tout temps et en tous
lieux, ou quasi, c’est toujours les Québécois et la langue française qui, bien
curieusement, « doivent » s’ouvrir en exclusivité…

Le bilinguisme en Québec, voire l’unilinguisme anglais (« Future Shop »* et
mille autres formes insidieuses qui nous ramènent insensiblement vers le Québec
d’avant la Charte québécoise de la Langue française), c’est « normal ».**

Normal. à l’exemple de l’unilinguisme – forcené – anglais partout en Canada
hors Québec, quoi…

Mais « eux », visiblement, ils ne sont pas « fermés ». Il faut en conclure – bin
voyons ! – que ce sont les Québécois qui sont bêtes et obtus. Le maître a
toujours raison, et le valet toujours tort…

Tort de ne pas accepter à la fin l’asservissement volontaire généralisé.

édifiant ! comme raisonnement, m’dame « cookie Aliza »
( aliza126@yahoo.ca ).

En parallèle, on notera la courtoisie (tutoiement) et le courage (anonymat)
de l’expéditeur (qui fait pourtant, promptement et sans « gêne », dans la leçon de
civilité). L’histoire de la poutre et de l’oeil pour une cent millionième fois
recommencée.

Manifestement il y a chez nous, à ce jour et au XXIe siècle, des gens
toujours incapables de distinguer l’ouverture et la convivialité, d’une part, la
servilité d’autre part.***

Non, décidément, au Québec nous ne sommes pas sortis du bois. Il y a des
jours hélas! où j’ai l’impression de retourner illico par vol nolisé vers la
patrie d’avant Gilles Vigneault et Gaston Miron.

Dieu que c’est déprimant de vivre au sein d’une « famille » pareille.
De quoi rappeler le dur mot de Gide.

Nom de nom ! Sommes-nous donc – pour ainsi dire stigmatisés par l’Histoire –
condamnés à l’insignifiance pour encore trois
éternités???****

Marcelin Gélinas
M.Gelinas@moncanoe.com
6 décembre 2004

* Voir par exemple l’aperçu du dossier linguistique de ce citoyen corporatif
« exemplaire » (aux dires de ma correspondante), en:

http://www.oqlf.gouv.qc.ca/francisation/respect/infractions/infractions_2003.html

** Pas plus tard que cette fin de semaine même à Québec, le responsable d’un
établissement de la chaîne d’alimentation « Métro » – à qui j’exprimais ma
déception (voire ma détresse) de constater qu’on a l’impression une fois de
plus, sous leur enseigne, que le choix musical ambiant a été retenu
spécifiquement pour satisfaire une clientèle de « teenagers » étatsuniens de
treize ans (c’est quand même très légèrement plus « supportable », faut dire [j’ai
tenu trente-trois secondes à ma dernière visite], que l’atmosphère musicale
carrément débilitante des « Radio Shack » de l’ensemble du territoire) – m’a
répondu le plus sérieusement du monde (tenez-vous bien!) qu’il y avait des
p’tites madames anglaises de Sillery qui venaient faire leur épicerie dans son
établissement…

Bref, il y a 8% d’anglophones au Québec, et à peine 3% dans la région de la
Capitale nationale. Mais, enchaînerait sans doute ici Mademoiselle « Cookie », il
faut se montrer « ouverts », que diable! (d’où notamment – « on est donccc fins,
hein! – les circulaires publicitaires des mêmes établissements qui donnent sur
le bilinguisme intégral au Québec… en résonance à l’unilinguisme anglais des
mêmes bannières commerciales, et des mêmes circulaires, aussitôt qu’ils sortent
d’ici pour s’adresser à ce pays officiellement bilingue nommé Canada).

Alors, s’il faut les en croire, 94 ou 96 % de chansons anglo-américaines
partout au Québec, c’est sûrement ça la « normalité ». Normal comme l’instinct
d’autodestruction, j’imagine… (Note: « Métro » –
consommateurs@metro.ca – reste la
dernière chaîne d’alimentation entièrement aux mains d’entrepreneurs québécois.
Autre édifiance…)

*** Texte pertinent sur cette problématique (sans doute déjà connu par les
habitués de « Impératif français ») :

http://www.action-nationale.qc.ca/9910/gouinbilinguistes.html

**** En complément, je renverrais au texte suivant, touchant de manière plus
globale à la « problématique » linguistique des supermarchés au Québec


bonjour,

Je suis tombé par hasard…sur ton article concernant Futur Shop. Franchement
ouvre toi un peu l’esprit…je suis québécoise aussi mais quand j’entends ou lis
des remarques comme cela je trouve ces gens tres simple d’esprit…en majorité
ce sont des personnes qui ne sont pas bilingues et dans le monde d’aujourd’hui
il faut au moins 2 langues pour avoir un bon travail, lire,s’informer, voyager
etc…

Quand je suis en présence d’un anglophone …je parle en anglais et
automatiquement l’anglophone change en francais!!! je trouve que les temps ont
changés….c’est beau d’etre capable de parler les 2 langues et respecter les
autres!!!! Si tu veux que l’on te respectes..respectes les autres aussi!!!!! Et
il ya aussi un fait,que la majorité des investissements viennent d’anglophones
canadiens ou américains!!!! et je peux te parler de Future Shop car ma fille
travaille depuis 7 ans dans cette entreprise…C’est une compagnie qui ont un
grand respect des employés et sont super bien traités…et les clients profitent
de leur générosité!!!! Si tu savais !!!!! Bien il y a des mauvais clients
partout!!! dans toutes les nationalités mais moi quand j’entends un Québecois
qui arrive en lancant sur le comptoir la marchandise en sacrant!!! pas de classe
moi j’ai honte d’ëtre Québecoise ils savent pas parler,ni s’exprimer, enfin je
vais arreter car j’en aurais long a dire ……je ‘excuse..mais quand j’ai lu ta
remarque…j’avais envie de me défouler…de ce que je vois ou j’entends….il
est temps que les francophones québécois évoluent!!!!!

Salut

(Le 7 décembre 2004)