PANNEAU « STOP – FOUR WAYS »

La Presse
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Objet : Panneau de circulation "stop – four ways" sans français dans le Nord
du Québec ?

Messieurs,

J’ai été assez surpris de voir un panneau de circulation "arrêt" apparemment
planté dans le Grand-Nord québécois et reproduit dans la Presse du samedi 11
décembre 2004 en page A37.

Ce panneau ne porte en effet que des mentions dans des langues autres que le
français : deux mentions dans le syllabaire autochtone (cri ou esquimau) et deux
mentions en anglais[*] ( "Stop" et "Four way").

L’article illustré de la sorte portait sur deux localités Puvirnituq et
Kuujuaq (pas moyen d’avoir des noms bilingues, autochtones-français?). Je ne
sais pas d’où provenait cette photographie.

Pourriez-vous m’assurer que cette photographie n’a pas été prise au Québec ?

Et qu’ainsi elle ne trahit pas ce que je soupçonne : la véritable langue
commune au Québec serait plutôt l’anglais, comme on a pu le voir dans le dossier
de ces ouvriers cris embauchés dans le cadre des chantiers issus de la prétendue
Paix des Braves ($$) et qui sont formés en anglais au Québec pour mieux parler
la langue commune du Québec… Ayant travaillé de nombreuses années à Montréal,
j’ai toujours trouvé dans mon domaine que l’anglais était imposé aux
travailleurs non anglophones, et non l’inverse, et que l’anglais était donc la
langue commune..

Salutations inquiètes,

Patrick Andries
Sault-de-Roxton
(Québec)

[*] Faudrait-il que j’écrive english pour utiliser le terme qu’utilise les
English pour se désigner (dernier argument spécieux utilisé pour imposer des
ethnonymes étranges) ? Esquimau n’est pas péjoratif (enfin pas plus que le terme
inuit qui est un "nous, le peuple" exclusif, et même si le terme esquimau
voulait dire "mangeur de viande crue" — ce qui n’est pas évident — je ne vois
pas l’aspect péjoratif qui n’est perçu par personne parlant français. Le terme
pourrait bien simplement signifier "étrangers" cf documents du Conseil de la
langue française dont le site a malheureusement disparu).
J’ai retrouvé le site (
http://www.cslf.gouv.qc.ca
) et la référence…

Pour plus de détails sur la fragilité de l’hypothèse « esquimau = mangeur de
viande crue », voir

MAILHOT, José (1978), « L’étymologie de "Esquimau" revue et corrigée »,
études/Inuit/ Studies, 2 (2): 59-69.

(Le 14 décembre 2004)