EXCLUSION DE LA DICTÉE DES AMÉRIQUES

Plainte sur Télé-Québec, l’Office québécois de la langue française et le
ministère de l’éducation.

ATTENTION : Madame Pauline Champoux-Lesage, protectrice du citoyen

protecteur.citoyen@pc.gouv.qc.ca

Madame,

Permettez-moi de porter plainte contre les organisateurs de la Dictée des
Amériques, en particulier Télé-Québec, l’Office québécois de la langue française
et le ministère de l’éducation.

J’ai essayé depuis 2000 de participer à la Dictée des Amériques.
Malheureusement, aucun organisme dans la région que j’habitais (l’état du
Minnesota aux états-Unis) jusqu’en 2003 n’accueillait des concurrents.
Télé-Québec n’a jamais répondu à mes demandes d’inscr1ption à la Dictée.

Je suis arrivé au Canada et au Québec à titre d’immigrant reçu le 1er
novembre 2003. Quand le test de qualification à la Dictée fut publié dans les
journaux deux semaines plus tard, je croyais qu’enfin j’aurais droit à
participer. En effet, Télé-Québec m’a informé que mon résultat de 37 sur 40
suffisait pour la démi-finale.

Au Collège de Montréal le 24 janvier 2004, juste avant la demi-finale, j’ai
parlé avec un responsable de ma classification de senior amateur groupe A,
c.-à-d. concurrent d’une région francophone. N’étant pas de langue maternelle
française, je voulais être classé au groupe B. Selon le responsable, seules les
citoyens canadiens avec preuve de citoyenneté étaient admissibles à la finale et
je serais donc exclu, quoi que soit ma note à la demi-finale. Ce, dans un
concours dit international qui en 2004 a accueilli des concurrents de treize
pays.

Ce responsable m’a présenté au monsieur Sylvio Morin, coordonnateur de la
Dictée, qui s’est engagé à me rappeler (il a noté mon numéro de téléphone) afin
de préciser comment je pourrais participer à la Dictée, soit en 2004, soit en
2005. Dans les cinq mois suivants, je n’ai pas eu de nouvelles de M. Morin.

La Dictée des Amériques et ses organisateurs mettent ainsi en oeuvre une
politique de discrimination contre les immigrants. Dans un pays qui lamente,
avec justice, les hordes d’immigrants qui apprennent l’anglais au lieu du
français, cette politique d’exclusion ne semble guère judicieuse.

Ma note de 46 sur 55 à la demi-finale était un peu inférieure à la note
minimale des finalistes seniors amateurs (49 sur 55), tandis qu’elle était égale
à la note minimale des finalistes seniors professionnels (qui, malgré leur
« professionnalisme », ne sont pas arrivés à la cheville des amateurs). Je
n’aurais donc pas été invité à la finale. Toutefois, compte tenu de mon bon
résultat vis-à-vis des demi-finalistes francophones du Québec, j’aurais eu
peut-être des fortes chances de qualification parmi les concurrents groupe B. La
question de mon exclusion des quatre dernières Dictées n’est pas donc purement
théorique.

Vous serez certainement étonnée de savoir que le ministère de l’éducation du
Québec, dont vous étiez sous-ministre, est associé à un événement qui poursuit
une politique nocive à la communauté immigrante de notre société.

Veuillez assurer dorénavant le droit des immigrants québécois à la
participation aux Dictées, soit en abolissant la règle discriminatoire instituée
par Télé-Québec, l’Office québécois de la langue française et le ministère de
l’éducation, soit en procurant pour tout immigrant autrement qualifié pour la
finale la citoyenneté canadienne honoraire.

Daignez recevoir, Madame la protectrice, l’expression de mes respectueux
hommages.

Scott Horne
Montréal
shorne@hornetranslations.com

(Le 27 juin 2004)